Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 20:47

2012, année des possibles

 

 

            Après une année 2011 particulièrement mauvaise sur le plan européen et français, 2012 devra être l’année des possibles, celle où l’on choisit ensemble les voies du redressement. Au niveau européen, le fédéralisme devra progresser, notamment sur le plan financier et fiscal, sinon l’Europe se désintégrera, ce qui nous ramènerait 70 ans en arrière. Nos dirigeants successifs ont trop utilisé l’Europe comme bouc-émissaire de leurs erreurs de gestion. Il est temps de remettre les pendules à l’heure et de dire la vérité. Sans l’Europe, nous serions réduits à néant. L’euro a permis de camoufler nos faiblesses, mais, sans lui, nous serions rayés de la carte du monde. Ce qu’il faut, c’est regarder  la situation en face, dire la vérité aux peuples, et s’unir pour réagir. C’est amorcé, mais nous devons aller plus vite et plus loin dans ce sens.

            Sur le plan français, l’année 2012 sera celle de l’élection présidentielle. Ce sera l’occasion de repartir de l’avant avec confiance et en toute transparence. Cela implique une volonté collective de mettre fin à cette médiocrité politicienne, qui fait le quotidien de la droite comme de la gauche. Le seul but du PS est de faire l’inverse de l’UMP, et le seul but de l’UMP est de faire l’inverse du PS. Tout ce qui vient d’en face est nul, et tout ce qui vient de son camp est parfait. Il faut casser ce comportement stupide qui nous amène à la situation où nous nous trouvons. PS et UMP sont également responsables de la faillite qui nous menace. L’heure n’est plus aux éternelles promesses électorales, dont ceux qui les font savent très bien qu’ils ne pourront pas les tenir. L’heure doit être au rassemblement avec un seul but : redresser la France sur le plan moral, financier et social.

 C’est pourquoi je suis très optimiste en ce début d’année nouvelle, car un homme propose de nous sortir de ce marécage politicien, de nous dire la vérité sur la situation réelle, sur les efforts à fournir, et il propose de nous rassembler pour nous battre ensemble, avec le souci d’une réussite partagée. Cet homme, vous l’avez deviné, c’est François Bayrou. Il a été assez décrié, pour ne pas être maintenant respecté.  On m’a souvent raillé en me disant : « Et alors, ton François, qu’est ce qu’il fait ? Tu ne vas pas continuer à le suivre ? On ne sait pas où il va, et il est tout seul. » Je le connais depuis plus de 30 ans. Je connais ses faiblesses, comme pour tout homme, mais j’ai un profond respect pour ses qualités. Il est resté fidèle à ses convictions, qui sont les miennes, celles que je vous exprime de manière hebdomadaire depuis bientôt 20 ans. Pour lui, comme pour moi, il s’agit de mettre toujours l’homme au cœur de nos préoccupations, et la justice au centre de nos propositions. Si nous avons pu paraître seuls, c’est parce que nos convictions nous empêchaient de nous plier devant un pouvoir totalitaire, injuste et souvent mafieux. Que ce soit au niveau local ou au niveau national, j’ai constamment dénoncé la corruption qui a envahi notre société. Plus que jamais cette dénonciation s’impose. Toutes les affaires que l’on nous sert au fil des jours montrent bien que nous avons besoin de sortir de cette spirale mafieuse qui paralyse la gauche comme la droite. François Bayrou est sans doute celui qui a pris le plus ses distances par rapport à la tentation du pouvoir et de l’argent, et qui est le plus libre par rapport aux réseaux. C’est aussi le plus européen, car les pères fondateurs étaient de notre famille politique. Comme l’écrit Eric Izraelewicz, directeur du « Monde » : « Aux Etats-Unis, comme dans pratiquement tous les pays européens, la crise économique, entrée dans sa 4ème année, est largement le fruit de dysfonctionnements politiques. Les peuples n’ont plus confiance en leurs représentants, ce dont témoigne la montée des mouvements des indignés d’un côté, des populismes de l’autre. Ils s’inquiètent d’une impuissance de plus en plus flagrante des politiques. La crise de défiance à l’égard des systèmes de représentation de gouvernance des Etats –nations a trouvé en 2011, sa meilleure expression dans le berceau même de la démocratie, l’Europe. » Pour retrouver la confiance, sans laquelle l’Europe ne pourra s’en sortir, il faut dire la vérité aux peuples et unir les forces vives. Seule une majorité centrale qui réunirait toutes les énergies et les bonnes volontés peut redonner cette confiance. C’est ce que veut dire François Bayrou dans son court message de vœux, et avant de présenter son projet détaillé fin janvier ou début février : « Tout cela, il faudra le faire ensemble, parce qu’un pays divisé ne peut rien dans cet orage du monde que nous traversons, mais un pays qui s’unit, rien ne lui résiste. Dire la vérité, faire ce que l’on va dire, et le faire ensemble, voila ms vœux. C’est à ce prix que 2012 sera une meilleure année. »

            Pour 2012, je formule donc le vœu que nous ayons le courage et la capacité de nous rassembler sur les valeurs qui ont inspiré les pères fondateurs de l’Europe, et que nous sachions discerner ensemble ce qui est possible de ce qui ne l’est pas, ce qui est vrai de ce qui n’est que mensonge. A l’impossible, nul n’est tenu, mais aux possibles, soyons tous solidairement tenus. Bonne année à toutes et à tous, dans le respect des opinions de chacune et de chacun.

 

 

 

 

 

                                                                                                          Jacques JEANTEUR

Par Dark - Publié dans : Politique
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Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 21:16

Le wagon qui passevacances-Mayotte-076_edited.jpg (voici ce que j'écrivais il y a un peu plus de 2 ans)

C’est avec beaucoup d’amertumes – mêlées de sentiment de culpabilité− que j’assiste à l’envoi à l’abattage, du baobab de l’espérance d’émancipation de la paix et de l’ordre. On  battit, en lieu et place, les murs asphyxiants du peuple mahorais. Ces murs-là reposent sur une fondation nommée « pacte pour la départementalisation  de Mayotte». Cet ordre et cette paix-là font l’objet d’une braderie à des fins purement  personnelles.

Voici ce qui est clairement établi comme étant aveu d’échec pour ce qui était sensé être un référendum éclairé ;  nulle "opinion réservée" tant à la question posée qu’au pacte accompagnant le processus n’a droit  aux temps d’antenne du seul média public. Ce qui est déplorable voire minable de la part du-dit média, c'est qu'il ne conçoit l’avenir institutionnel de Mayotte qu’entre les mains des politiques asservis ; nulle autre personne ne saurait être crédible.

Archives-402.jpgJe veux être compris –grondé même− de vous, afin de panser ma culpabilité. Que signifie ma réserve à ce fameux pacte ? il représente l’arme redoutable pour l’oppression du peuple. Avec lui, on invite les mahorais à boire, sans crainte, dans la coupe saturnine, le poison dont ils se seraient au moins défiés s’il leur eût été présenté dans un vase transparent. J’ai déjà eu à le dire, on départementalise plus les mahorais par les devoirs que par les droits. Le contenu de ce fameux pacte, notamment en un de ses chapitres est injurieusement rétrograde  de la lutte antillaise ! Avec  lui, nous nous désolidarisons – et cela est regrettable− de ceux qui portent le flambeau de la spécificité identitaire. Cette injure est double. D’une part, elle porte sur la lutte pour les droits ; le pacte scelle par voie référendaire l’immobilisme social, que dis-je, la régression sociale ; d’autre part elle porte sur la lutte pour la fusion des frontières de la différence France continentale et outre-mer. Nos anciens ont cherché protection en la France ; elle doit leur en  rendre. Une grande nation en protégeant n’asservit pas ; elle nivèle ses protégés par le haut de sorte que disparaissent les reflexes coloniaux, n’hésitant pas à donner à s’asseoir un fauteuil plus élevé que le sien. En faire de Mayotte un laboratoire où foisonneraient les expérimentations des plus farfelues comme par exemple l’obligation d’une Assemblée unique se substituant aux deux conseils (général et régional), ce pendant qu’elle fait seulement l’objet d’une proposition du comité Balladur.

 

D’un  mouvement de grève

L’aspiration mahoraise à être des français à part entière éclate en  grisou violent dans les coins et recoins de Mayotte. De ce feu là, il y a des responsabilités de part et d’autre des acteurs politiques de ce 101ème département français. Penser que l’aspiration  des Mahorais à la départementalisation, pouvait se réduire à un décret, comme on donnerait une voiture miniature à un adolescent qui aspire à construire son avenir, c’était se tromper et on a de cesse de le dire. Peu ont  voulu l’entendre.

 

Des manifestants protestent dans les rues de Mamoudzou, le 10 octobre 2011.

Nous voici, devant la réalité ; cette réalité se nomme grève aujourd’hui ;  Les syndicalistes semblent dépasser ; Paris joue les prolongations ; Les Mahorais exaspèrent. 

 

Les perspectives de sortie de crise restent encore floues. Les conséquences locales s’annoncent compromettantes, m’avouait un Directeur d’une société. Les échéances électorales proches et la crise financière européenne seront, à n’en pas douter, peu propices à toute solution parisienne. Au Mahorais et aux seuls Mahorais revient de trouver une sortie à cette crise. Et les jours sont comptés avant qu’il ne soit trop tard.

Darkaoui

Par Dark
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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 21:47

Entre blocage et négociation, le département de Mayotte fatigue

LEMONDE.FR | 28.10.11 | 21h08

 

 

Des manifestants protestent dans les rues de Mamoudzou, le 10 octobre 2011.

Des manifestants protestent dans les rues de Mamoudzou, le 10 octobre 2011.AFP/RICHARD BOUHET

  Après quatre semaines de mouvement social et d'affrontements, Mayotte, devenu le 101e département français le 31 mars 2011, n'a toujours pas retrouvé le calme. Des barrages érigés à l'aide de troncs d'arbres bloquaient encore, vendredi 28 octobre, une partie des axes principaux de l'île. La liaison entre Petite-Terre et Grande-Terre était, elle aussi, interrompue depuis l'entrée dans le mouvement de grève, jeudi, du personnel du Service de transport maritime. Quant aux magasins, ils restent fermés, à l'exception de rares supermarchés qui ouvrent timidement mais leurs rayons sont vides, faute d'approvisionnement. Les médicaments commencent également à manquer. La population de cette petite île de l'océan Indien, au nombre de 186 000, réclame une baisse du coût de la vie et des produits de première nécessité, dont le riz, la farine, l'huile, le lait, les tomates, la viande et les "mabawas" – les ailes de poulet, en mahorais. Ces différentes marchandises apparaissent sur une liste de dix produits dont les syndicats et associations de consommateurs souhaitent voir le prix baisser. L'intersyndicale, le Medef et les élus de l'île se sont rencontrés le 17 octobre. Parmi eux, seule FO a paraphé l'accord signé avec le Medef portant sur la baisse d'environ 10 % du prix de neuf produits. Les autres ont claqué la porte, à commencer par Salim Nahouda, secrétaire départemental de la CGT Mayotte, et restent mobilisés.

>> Lire A Mayotte, "l'Etat doit prendre ses responsabilités"

 

Des enfants du village de Majicavo - Koropa, dans le quartier dit du Plateau, jouent le 18 mars 2011, sur la commune de Koungou, sur Grande-Terre, la plus grande île de Mayotte.

Des enfants du village de Majicavo - Koropa, dans le quartier dit du Plateau, jouent le 18 mars 2011, sur la commune de Koungou, sur Grande-Terre, la plus grande île de Mayotte.AFP/SOPHIE LAUTIER

 

"On attend de voir ce qui sera fait pour la viande", au cœur des revendications, tempère néanmoins Rifay Saïd Hamidouni, président de l'Association des consommateurs mahorais et membre du syndicat FO. "On attend aussi de voir si la grande distribution va revoir la grille des prix du panel de 400 produits qu'on lui exposera prochainement", ajoute-t-il. Mais la cherté de la vie ne s'arrête pas à ces quelques denrées de base. "Ici, je paie mon tube de dentifrice environ trois euros, alors qu'il me coûtait moins d'un euro en métropole", témoigne ainsi un Mahorais de 23 ans.
Ce mouvement rappelle celui qui a touché la Guadeloupe pendant 44 jours, en 2009. Pour Elie Domota, le porte-parole du mouvement contre la pwofitasyon (LKP), il y a effectivement des similitudes. Interrogé par le Journal du dimanche, il explique : "Les causes du mal sont les mêmes : une société à deux vitesses avec beaucoup d'arrogance et de mépris (...). Il s'agit de maintenir en place le même système avec au sommet de la pyramide ceux de la grande distribution qui s'en mettent plein les poches et en bas les Mahorais qui souffrent. Ils ont raison de se soulever contre ce système." A terme, il s'agit aussi d'augmenter le pouvoir d'achat. "La baisse des prix est un symbole, mais au-delà, nous demandons l'alignement du smic local à 1 300 euros, des prestations sociales, l'extension de tous les droits sociaux, l'augmentation des retraites, etc.", a affirmé Salim Nahouda, de la CGT, à Médiapart (article payant).

 

Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont émaillé le mouvement contre la vie chère.

Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont émaillé le mouvement contre la vie chère.AFP/PHOTO IMAZ PRESS REUNION

 

Selon Les Echos, les demandes de chômage partiel se multiplient : "elles concernent déjà 2 300 salariés, pour environ 17 000 actifs recensés dans le secteur privé". Interrogé par le quotidien économique, Jean-Paul Aygalent, directeur du travail, affirme que "de nombreuses entreprises n'ont réalisé aucun chiffre d'affaires en octobre". Et dans le secteur du tourisme, les annulations pleuvent.   Le 27 septembre, lorsque l'intersyndicale décide de lancer le mouvement de grève générale qui doit permettre de faire pression sur les responsables politiques et économiques locaux, personne n'imaginait un mouvement si vaste. Rifay Saïd Hamidouni souhaitait "éviter la paralysie de l'île et l'arrêt de l'activité commerciale". Raté. Mais le blocage actuel sur la cherté de la vie n'explique pas à lui seul l'ampleur de la contestation. "Je peux vous assurer que ceux qui ont décidé de poursuivre le mouvement après le 17 octobre sont aujourd'hui complètement dépassés," confie M. Hamidouni. Dans sa ligne de mire : la CGTMa ou la CFDT.

 

Des policiers dans le centre-ville de Mamoudzou, le 10 octobre.

Des policiers dans le centre-ville de Mamoudzou, le 10 octobre.AFP/RICHARD BOUHET

 

Par "dépassé", le président de l'Association des consommateurs mahorais pense notamment à Ali El Anziz, retrouvé sans vie, mercredi, devant un magasin de Mamoudzou, après des affrontements avec la police – la mort serait due à un massage cardiaque mal prodigué, selon le rapport d'autopsie – ou à l'adolescent de 14 ans hospitalisé après des affrontements entre jeunes et gendarmes, mardi. La préfecture de Mayotte avait déclaré le lendemain que le garçon avait été atteint par "un projectile" non identifié, non par un tir de "gomme-cogne". Ces deux événements ont, à coup sûr, enflammé un peu plus des esprits déjà bien échauffés par une présence policière massive dès les premiers rassemblements publics. Au début du mois, un garçon de 9 ans avait été blessé à l'œil par un tir de Flash-Ball. Le gendarme à l'origine du tir a été mis en examen depuis.

 

 

Le gouvernement français cherche désormais une sortie de crise, sans succès pour le moment. La ministre de l'outre-mer, Marie-Luce Penchard, qui s'était rendue sur l'île en urgence le 14 octobre, a chargé jeudi Denis Robin, ancien préfet de Mayotte, d'une mission pour tenter de résoudre la crise. M. Robin, qui connaît bien Mayotte pour y avoir préparé entre 2008 et 2009 la départementalisation du territoire, a pour objectif de mener  "toutes les consultations" qu'il jugera "utiles".

 

Marie-Luce Penchard et l'ancien préfet de Mayotte, Denis Robin, le 27 octobre 2011.

Marie-Luce Penchard et l'ancien préfet de Mayotte, Denis Robin, le 27 octobre 2011.AFP/THOMAS SAMSON

 

Un nouveau mandat qui intervient après celui du médiateur, Stanislas Martin, concernant la question plus technique des prix, mais qui a débouché sur une impasse lors de la réunion de  l'observatoire des prix, lundi. "Nous attendions un négociateur, on nous envoie un médiateur ayant pour mission d'écouter les différentes parties et de produire pour la semaine prochaine un rapport, notamment à l'intention des membres de l'observatoire des prix", a regretté Salim Naouda, qui rapporte le sentiment d'une intersyndicale unanime. Quatre jours plus tard, M. Martin s'est voulu rassurant. Il a assuré que le prix de la viande n'était pas le fait d'"arnaques" et a préconisé plus de concurrence au service du consommateur. Si le gouvernement cherche à résorber la crise au plus vite c'est aussi parce que le climat se radicalise. "La situation est différente d'il y a une dizaine de jours, où nous avions des manifestations de la population, mais aujourd'hui les Mahorais aspirent à retrouver une vie normale et visiblement, le mouvement se radicalise, peut-être avec une centaine de jeunes", estime Mme Penchard.  Rifay Saïd Hamidouni s'inquiète lui aussi des débordements impliquant "des jeunes sans emploi, sans encadrement et sans aucune perspective d'avenir". Des jeunes pouvant aussi appartenir à la communauté comorienne arrivée clandestinement sur le territoire par l'île d'Anjouan. Néanmoins, M. Hamidouni persiste et signe : "les Mahorais resteront mobilisés jusqu'au bout".
Mathias Destal
Par Dark - Publié dans : Socio-politique
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Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 21:29

                                                                                          Libre opinion du Lundi  19 septembre 2011

 

            Dire la vérité, expliquer la réalité,

 

            Dès que j’ai su que mon ami Bernard Bosson participait aux journées de rentrée du Modem, et que Jean Arthuis, Anne-Marie Idrac et Pierre Méhaignerie seraient également présents autour de François Bayrou, j’ai fait de ma présence à Giens, une priorité absolue, et je ne le regrette pas. Au-delà des grandes figures de l’ancien CDS, auquel j’ai adhéré en 1974, j’ai pu entendre des nombreuses grandes voix indépendantes françaises et internationales. Toutes étaient réunis autour de François Bayrou pour discuter de l’analyse pertinente et claire qu’il a posée dans son dernier livre paru chez Plon « 2012, état d’urgence », qui est déjà un succès de librairie.

            Au cours de cette vingtaine d’heures de débats et d’exposés passionnants, organisés autour des 3 grands thèmes du livre, que sont  Produire, Eduquer, Reconstruire, il est ressorti une exigence fondamentale : dans cette période de crise financière, morale et éducative, les peuples aspirent à une chose : qu’on leur dise la vérité et qu’on leur explique clairement la situation. Chaque citoyen a le droit fondamental de savoir ce qui se passe pour pouvoir comprendre les raisons de la situation actuelle, et connaître les possibilités et conditions pour en sortir. Tous les intervenants ont convenu que nous étions en panne de démocratie, en panne d’Europe, en panne de morale et en panne de gouvernance. Il est clair, qu’à gauche comme à droite, les dirigeants n’ont cessé de mentir, et ont fait des promesses qu’ils savaient ne pas pouvoir tenir. Beaucoup ont préféré jouir du pouvoir au lieu de se mettre au service du peuple, et des plus démunis en particulier. Un seul candidat avait fait du problème de la dette son thème central de campagne en 2007, c’est François Bayrou. Au cours des années, il n’a cessé de dénoncer la crise morale qui traversait nos élites et l’absence de décisions cohérentes et courageuses.

            Parmi toutes ces interventions j’en ai repris quelques unes sur ce thème de la vérité :

Il faut dire la vérité aux gens, avec la franchise de François Bayrou. Il est connu pour être un homme de vérité, de probité morale et intellectuelle. Nejib Chebbi, président du parti démocrate progressiste tunisien, possible futur Président de la République

La crise de la dette, c’est une crise de la promesse. Il faut arrêter de promettre tout et n’importe quoi. Les fausses promesses sont de la fausse monnaie. Jacques Delpla, économiste

Les réformes fondamentales ne peuvent être conduites clandestinement. L’illusionnisme politique a vécu. Jean Arthuis, président de la commission des finances au Sénat

Les jeunes veulent des adultes qui tiennent debout, qui leur expliquent. Dominique Versini, ancienne défenseur des droits des enfants

Merci de m’avoir invité, quand il est difficile de parler librement sans payer sa dime au pouvoir. Philippe Bilger, avocat général près la cour d’appel de Paris

On doit dire la vérité. On ne peut accepter cette immoralité et cette iniquité. J.F Kahn, essayiste

Nous avons besoin d’hommes courageux qui disent la vérité au pays. Les clés de l’avenir sont en nous-mêmes, et non chez les autres.  Pierre Méhaignerie, président de la commission des affaires sociales à la chambre des députés.

Nous allons traverser une période difficile et il faudra des hommes politiques assez courageux pour tenir un discours réaliste, non démagogique avec tous les français…Nous vivons un déni de la réalité économique nationale, mais aussi mondiale, qui s’accompagne, à fortiori, d’un déni des efforts à accomplir pour redresser la situation. Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais, ancien directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy.

            A l’assemblée générale de la Chambre de Commerce des Ardennes, l’économiste Christian Saint Etienne a dit exactement ce que j’avais entendu à Giens. Il faut expliquer la situation aux français et leur dire que l’on approche d’un moment historiquement difficile. Il faut « connecter ses neurones et être cohérent entre ce que l’on dit et ce que l’on fait ». Tous ceux que j’ai entendus sont favorables à une zone euro fédérale, probablement à 9 pays, avec un président. Ils demandent une priorité donnée à la production, une priorité donnée à l’éducation, notamment en primaire, à effectifs constants, et ils demandent une république qui redevienne une véritable démocratie, avec une justice indépendante, des médias libres et non dépendants de grands groupes financiers liés au pouvoir. Ceux qui nous gouvernent depuis plus de 20 ans ont abusé du pouvoir à des fins partisanes, et ont installé la corruption au niveau le plus élevé de l’Etat. Ecoutons Winston Churchill, qui est l’exemple cité le plus souvent en ce moment, quand il dit : « On ne devrait jamais tourner le dos à un danger pour essayer de le fuir. Si vous le faites vous le multiplierez par deux. Mais si vous l’affrontez rapidement et sans vous dérober, vous le réduirez de moitié. » Après la société du loisir et du temps libre de la gauche (retraite à 60 ans, 35 heures), après la société des privilégiés et des corrompus de l’UMP(bouclier fiscal, affaires sombres, pouvoir absolu), l’heure est venue de mettre en place la société de l’effort, du travail pour tous et du respect de chacun. Pour moi, depuis Raymond Barre, seul François Bayrou incarne ces valeurs. Personne ne peut contester son courage, sa lucidité et sa morale. Lui seul me semble capable d’initier un gouvernement d’union nationale pour reconstruire la France.

 

Jacques JEANTEUR

                                                                       Mouvement  Démocrate

Par Dark - Publié dans : Politique
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 16:00

                                               Libre opinion du Lundi 29 août 201

 

            Un courage mou,
 
            François Fillon vient de présenter son plan de 20 mesures de réduction des déficits avec un projet d’un milliard de recettes supplémentaires en 2011 et 11 milliards en 2012. Sans aucune concertation, ni dialogue avec les leaders politiques ou syndicaux, ce projet ne semble ni discutable, ni amendable. Il comporte des infléchissements positifs, mais aucune réforme de fond. Il traduit une prise de conscience des effets négatifs de la politique menée depuis près de 10 ans, mais il ne trace pas de véritable alternative. Il contient des mesures de santé publique, qui n’ont rien à voir avec la dette (tabac, alcool, boissons sucrées). Pour moi, il traduit un courage mou. Pour Jean-Louis Borloo, « Ce n’est pas à la hauteur de ce qui s’est passé cet été.  Ce n’est pas la grande réforme de rééquilibrage entre l’imposition du travail et celle du capital. »  Jean-François Coppé, approuve sans surprise : « Un discours de vérité et des décisions courageuses, responsables et justes, dans la droite ligne de la gestion rigoureuse de la majorité depuis 2007. » De son côté, Laurent Fabius dit : « Ce plan n’est pas à la mesure de nos problèmes. Il faudrait une vraie suppression des niches fiscales que nous évaluons à 10 milliards, et un recentrage des dépenses sur 4 postes : l’emploi, l’éducation, le pouvoir d’achat et la sécurité. » La Croix, en parlant de François Bayrou, rappelle: « Le Président du Modem a-t-il tort d’avoir eu raison le premier ? Dès la campagne de 2007, François Bayrou avait en effet placé au cœur de sa campagne présidentielle la question de la dette publique, « Epée  de Damoclès au dessus de la tête des Français. ». Le président du Modem réagit ainsi aux mesures gouvernementales : « Le discours de présentation de ces mesures a été écrit de telle façon que personne n’y comprenne rien, et que le citoyen, même averti, ne puisse juger de la réalité des annonces. C’est une erreur. Dans une situation aussi lourde de surendettement, il faut au contraire la clarté, la pédagogie, considérer les citoyens comme responsables, donc expliquer. Probablement y-a-t-il dans ce galimatias technocratique des mesures de bon aloi, mais elles sont illisibles. Ce qui ressort cependant, c’est que c’est un plan de rustines…Cela ne peut tenir lieu de plan cohérent et assumé. Le grand plan indispensable et indispensable pour tous les Français, il faudra en discuter pendant la présidentielle. »
            Contrairement à ce qui est affirmé par le gouvernement, ce sont les classes moyennes qui seront les principales victimes de ce plan de rigueur. La taxe exceptionnelle de 3% sur les très hauts revenus ne touchera que 10.000 personnes, et ne rapportera que 400 millions sur 2 ans. Le bouclier fiscal, lui, avait coûté sur 4 ans de 2008 à 2011, 2,433 milliards, soit 6 fois plus. L’éditorial du « Monde » parle, de son côté, de la bataille de la crédibilité et de l’équité et dit notamment : « Pour autant, les économies annoncées ne font que colmater les brèches immédiates. Elles ne répondent pas au problème de l’endettement de la France (1.650 milliards d’euros) et du déficit structurel de ses finances publiques, le plus négatif des pays de la zone euro bénéficiant encore du triple A…Les principales mesures d’économie - sur les mutuelles, l’assurance-vie ou l’immobilier notamment-  toucheront essentiellement les classes moyennes aisées ou modestes. Ce n’est pas une surprise, tant c’est la tradition en France. Mais, en matière d’équité, nul doute que l’on peut mieux faire. A la gauche de le démontrer ». Beaucoup expliquent la situation catastrophique actuelle par le contexte économique conjoncturel. Il est bon de rappeler que De Gaulle, en 1958,  grâce au plan de redressement de Jacques Rueff  et à la croissance, avait remis les finances en ordre. En 1973 et en 1979, alors que les deux chocs pétroliers avaient fortement ralenti la croissance, la rigueur de Raymond Barre a permis de maintenir des finances publiques saines. Lors du duel télévisé en 1981, François Mitterand avait d’ailleurs reconnu que la maîtrise du déficit budgétaire constituait « une des rares réussites ». En 1988, le politologue Jean Charlot écrivait : « La permanence de la crise, le scepticisme des électeurs sur la possibilité d’en sortir ont empêché la percée de l’économiste Raymond Barre. » En 1995, seuls Edouard Balladur et Lionel Jospin s’étaient inscrits dans la volonté de respecter les critères de Maastricht. En 2007, la question de la dette et des déficits publics a été essentiellement portée, comme on l’a dit, par François Bayrou.
            A mon modeste niveau, alors que j’ai soutenu sans réserve Raymond Barre et François Bayrou dans leur volonté de rigueur équitable, je considère que ces mesures ont un goût d’inachevé et d’absence d’équité. Cela me rappelle la période sur la réforme des retraites, où ce qui a été décidé, était insuffisant, et n’avait fait l’objet d’aucun dialogue, et donc a fortiori, d’aucun consensus. Nous n’avons pas besoin de mesures imposées par l’UMP et dénigrées par le PS, mais bien d’un véritable débat national ouvert et respectueux, qui permette de dégager une majorité de conscience et de courage. C’est ce que François Bayrou propose dans son livre « 2012, Etat d’urgence » en écrivant : «Quels que soient les gouvernants, s’ils ont contre eux toute l’opposition et la moitié de leur majorité, ils sont sûrs d’être emportés par la vague, et donc, ils sont condamnés à reculer. Il n’est qu’une majorité qui puisse assumer ces politiques, avec une assise suffisamment large pour créer les conditions politiques du succès. Pour porter les politiques courageuses, il faut une majorité du courage. Ce ne peut être qu’une majorité nouvelle, non pas la majorité d’un bord contre l’autre, mais une majorité centrale. »
 
 
Jacques JEANTEUR
                                                                       Mouvement  Démocrate             
Par Dark - Publié dans : Politique
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