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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 20:34

                                                                                                              Libre opinion du Lundi 6 juin 2011

 

           

            Mexique courage,

 

            L’hebdomadaire « Courrier International » vient de consacrer plusieurs articles à la société civile mexicaine qui se dresse avec courage contre les « narcos ». Le 10 juin, les associations civiles vont signer le « Pacte pour un Mexique en paix ». Ensuite, des commissions civiles seront chargées d’évaluer l’action des autorités sur les différentes exigences du pacte, qui sont résumées en 6 points :

-         Nous exigeons la vérité et la justice

-         Nous exigeons la fin de la stratégie de guerre

-         Nous exigeons la lutte contre la corruption et l’impunité

-         Nous exigeons de combattre les racines économiques et les bénéfices du crime

-         Nous exigeons une action d’urgence envers la jeunesse

-         Nous exigeons une démocratie participative

           Le 4 juin a démarré une marche à destination de Ciudad Juarez, cité meurtrie au nord du Mexique, à la frontière américaine. Elle est initiée par le poète Javier Sicilia, dont le fils a été assassiné le 28 mars. C’est la capitale de l’assassinat, mais aussi le laboratoire de l’expérience gouvernementale de militarisation. Selon la revue Proceso de Mexico, « Depuis trois ans que la militarisation de la région est devenue le principal moyen de lutte contre le crime organisé, 250.000 personnes ont fui la ville, environ 7.000 ont été assassinées et 10.000 enfants sont devenus orphelins. Sur la seule année 2010, 3.111 personnes sont décédées de mort violente, soit plus qu’en Afghanistan pendant la même période. » 

           Le 8 mai, plus de 85.000 personnes se sont rassemblées à Mexico pour demander la fin des violences des narcotrafiquants et le retrait rapide des 50.000 soldats chargés d’affronter les cartels de la drogue, depuis l’arrivée au pouvoir de Felipe Calderon en décembre 2006 . Devant la foule rassemblée, Javier Sicilia a donné une véritable leçon  de démocratie. Il a notamment dit : « Si nous sommes arrivés ainsi, à pied et en silence, c’est parce que notre douleur est si grande, si intense, et que l’horreur qui l’a fait naître est si vaste qu’il n’y a plus de mots pour les dire…Nous sommes venus vous dire que cette douleur si vive ne servira à alimenter ni la haine, ni la violence, mais que nous en ferons un levier pour rétablir l’amour, la paix, la justice, la dignité et la démocratie balbutiante que nous sommes en train de perdre…Nous sommes venus montrer aux seigneurs de la mort que nous sommes debout et que nous ne renoncerons pas à défendre la vie de tous les fils et de toutes les filles de ce pays. Nous sommes ici pour affirmer que nous croyons encore qu’il est possible de sauver et de reconstruire le tissu social de nos villages, de nos quartiers et de nos villes…Nous sommes venus vous dire que, par notre présence, nous nommons cette infâme réalité que vous, la classe politique, vous, les pouvoirs de fait et vos sinistres monopoles, vous, les dirigeants des puissances économiques et religieuses, vous, les gouvernants, et vous, les forces de l’ordre, avez niée et voulez continuer de nier…Dans tous les partis politiques, il existe des liens avec les mafias, et ce partout au Mexique : s’ils n’acceptent pas de s’engager résolument en faveur de l’éthique politique, nous autres citoyens n’auront plus d’autres choix aux prochaines élections que de nous demander pour quel cartel et quel pouvoir nous allons voter. » Les citoyens mexicains de plus en plus engagés dans ces associations civiles exigent à la fois plus de sécurité, mais aussi la fin de l’impunité face à la corruption galopante, qui est un véritable cancer pour le pays.

              Une fois encore, on assiste à la prise en main par des citoyens responsables et courageux d’une situation où les droits de l’homme ne sont plus respectés, et où la corruption prime sur le droit et la justice. C’est donc une grande espérance de voir à travers le monde, des hommes honnêtes se dresser contre la corruption des équipes dirigeantes de toute nature et dénoncer publiquement l’omerta. Le pouvoir de l’argent, qu’il soit celui du trafic de la drogue, celui de salaires injustifiés ou celui de biens mal acquis, mène toujours à une réaction des peuples, et de notamment de la jeunesse formée et éduquée. Le Brésil a amorcé un redressement démocratique qui entraîne un redressement économique. C’est un exemple porteur d’espérance pour le monde. Pour aider ces peuples d’Amérique centrale et du sud à retrouver la dignité et l’espoir, il faut, dans nos pays, lutter avec plus de sévérité contre les trafiquants de drogue et toute forme de corruption. Commençons par demander en France à tous les propriétaires de grosses cylindrées, la facture de leur achat, et l’origine de l’argent avec lequel ils l’ont payé. Comment tolérer que des personnes sans emploi, qui bénéficient souvent de revenus de l’assistance, puissent avoir un train de vie totalement décalé de ceux qui travaillent honnêtement, avec souvent des salaires modestes ? Comment tolérer que ces bandes organisées cherchent à rendre nos jeunes dépendants de la drogue et à briser à vie leur santé et leur potentiel physique ? Ayons le courage de le dénoncer, mais aussi de soutenir les candidats qui le dénonceront.

 

                                                                                                                                                                                                                                  Jacques JEANTEUR

                                                                                                       Mouvement  Démocrate  

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