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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 20:53

Fidèle au principe m'ayant conduit à la création de cet espace; à savoir, nul propagande stérile, place à la réflexion;  voici en guise de préambule deux visions novatrices traitant de Maoré, de Ndzouani, de Mwali et de Ngazidja. En toute évidence, elles appellent  critiques constructives ou approbations; celles-ci seront publiées.
Le choix porté sur ces deux premiers textes se veut purement circonstanciel. En lecteurs avertis, vous avez compris que mon texte " Réflexion sur le cas Mayotte" est un peu ancien; mais je choisis volontairement de garder sa version originale,ce qui ne lui enlève en rien le mérite, entre autre, de ne pas trop s'éloigner de celui de Anrmy.
                                                                                              Darkaoui


 

Kamar[1] : Osons la Mobilité Croisée

pour  Unir  la Nation

 

 A l’instar de tous les archipels dans le monde, Kamar[2] a des spécificités propres à son caractère géographique. Les problématiques liées à l’éducation du peuple, la mise en valeur des terres, l’espacement des naissances, la place de la femme, l’information populaire… doivent avoir ici une réponse autre que celle d’un pays continental. Certes, dans un ensemble comme Kamar une politique de décentralisation et d’autonomie est nécessaire, mais elle doit surtout être suivie de mesures poussant le grand comorien à vivre à Mwali, le mohélien à Ndzuani…

 

De part ce constat, Kamar est donc à la fois spécifique et complexe. Spécifique parce que composé de plusieurs entités insulaires elles même différentes ; Complexe car son positionnement  géostratégique à l’entrée du Canal du Mozambique a toujours attisé et attise encore les convoitises des puissants de ce monde.

 

Vivant dans un monde moderne en perpétuel mouvement, on ne peut qu’être stupéfait par le poids étouffant de fléaux tels que l’immobilisme, le conservatisme et le féodalisme religieux dans la société comorienne. Mais de quelle société comorienne veut on parler ? Existe t’il déjà une vraie Nation comorienne unie partageant un même destin ? N’en déplaise à certains, la Nation comorienne n’existe pas encore, elle reste un puzzle non construit.

Nous devons tirer la sonnette d’alarme suite aux mouvements séparatistes de 1995 et 1997[3]. Aujourd’hui, les institutions élaborées en 2001, dans l’esprit de créer la stabilité et faire disparaître le cancer du séparatisme ne font qu’enfoncer dans la division la partie indépendante de Kamar[4]. Avec leurs nombreux pôles de décision – 4 exécutifs, 4 parlements -, ces institutions rendent plus complexes la gestion du pays.

Elles minent surtout l’idée d’appartenance à une même Nation par le fait qu’aujourd’hui la gestion d’une île par ses originaires contribue à retenir les gens chez eux.

 

En réalité, le Peuple comorien ne se connaît pas. Le tourisme et les échanges économiques inter îles sont quasi inexistants sinon nuls. Le village reste encore malheureusement la seule référence du comorien. Ngazidja (la plus grande île de Kamar) et en particuliers la ville de Moroni abrite toutes les capitales (économiques, politiques, culturelles). Les mohéliens et les anjouanais sont donc contraints de s’y rendre régulièrement pour  les démarches administratives, pour des soins, pour partir à l’étranger, ou pour travailler tout simplement.

Quel serait aujourd’hui l’intérêt pour un grand comorien d’aller à Mohéli ? Aucun malheureusement.

 

Il existe plusieurs leviers pour provoquer un sentiment d’union nationale. Cependant, dans le cas de Kamar, plusieurs facteurs freinent la naissance de cet élan national.

C’est de cet immobilisme archaïque, vicieusement maintenu par une pseudo notabilité embourgeoisée et principalement dans l’intérêt d’améliorer le quotidien du peuple comorien que vient germer l’idée de mobilité croisée bien adaptée à la configuration de ce bel archipel.

 

Naturellement, il ne s’agit pas d’énoncer ici des concepts sociologiques vides de sens, car la mobilité croisée est une notion simple et pragmatique, accessible à tous lorsqu’on en explique les avantages mais aussi quand on propose des mesures concrètes pour sa mise en place.

 

De mémoire de comorien, seul Le Président Ali Soilih[5] avait conceptualisé mais aussi appliqué cette notion de mobilité croisée. Pendant son mandat « ….Ali va donc s’attacher à se référer, sans cesse, à un concept nouveau pour le citoyen moyen, celui de Nation (Twaïfa)… […] Et concrètement, il institue, par décret, le 15 octobre 1976, un service national d’une durée de un an, en veillant à ce que le jeune soit affecté, autant que possible, dans une île autre que celle de la naissance… »[6]

 

Après l’indépendance le 6 juillet 1975, et le départ de l’administration coloniale, Ali Soilih comprend donc qu’il est impératif de créer une Nation et « grâce à son action déterminée, [il] cherche à faire apparaître une conscience et une unité nationales naissantes… » (Voir note 5 bas de page). 33 ans après cette «Indépendance de drapeau», Kamar est toujours à la recherche de cette Unité alors que notre hymne national  «Udzima Wa Massiwa»[7] nous le rappelle tous les 6 juillet.

Dans ce contexte inquiétant, comment ne peut-on pas soulever encore le débat sur la mobilité croisée ?

 

Car mise à part sa capacité à créer enfin une Nation qui se connaît et se respecte dans ses différences, la mobilité croisée sera une grande opportunité pour  le développement économique de Kamar. En effet, elle permettra des débouchés réels dans l’immobilier (notion de location de propriétés dans toutes les îles) ; la mise en place d’un tourisme local inter îles ; une meilleure occupation du territoire national (Ndzuani croule sous le poids d’une très forte densité démographique -599 hab. /km2- face à Mwali -118 hab. /km2- qui a un territoire peu occupé). Sans oublier la commercialisation de nos produits sur un marché d’environ 750 000 consommateurs répartis sur 2.236 km2  (économies d’échelle).

 

Dans ce même état d’esprit, chaque île a ses avantages comparatifs : Pourquoi ne pas promouvoir le bois de Bahani (Ngazidja) ? Comment oublier le goût exquis des bananes vertes et du manioc de Ouallah 1 (Mwali) ? Qui connaît la qualité du lait caillé de Nioumakélé (Ndzouani) ? Le sel solaire produit par les femmes de Bandrélé (Maoré) ne bénéficiera t’il pas de meilleurs débouchés commerciaux s’il est promu sur tout le territoire de Kamar (2.236 km2)? Qui connaît l’expertise de Bandrani (Ndzuani) dans la fabrication de galawas[8] ? Pourquoi ne pas aller apprendre des techniques de pêche artisanale du petit village de Chindini dans le sud de Ngazidja ?

Malheureusement tous ces trésors n’ont qu’une visibilité villageoise au mieux régionale. Le premier porte parole pour la promotion des produits locaux, de l’artisanat, des techniques agricoles et halieutiques n’est autre que le peuple mobile sur tout le territoire national.

 

Il nous faut aussi relever les avantages sociopolitiques qui nous amènent à oser sans tabou ce débat pour L’Union à travers une mobilité croisée adaptée et urgente. Il est plus que logique que ce brassage des populations, cette interpénétration du peuple comorien conduira à une meilleure connaissance et/ou compréhension des idéaux, des pratiques coutumières et religieuses, des problèmes quotidiens, des habitudes alimentaires… présents sur chaque île de Kamar. De la connaissance commune née de cette mobilité, une politique nationale de « compétition intelligente sectorielle » pourra être initiée. Chaque île aura sa spécialité connue de tous dans tel ou tel secteur. Ainsi Ndzuani pourra être spécialisée dans la tomate, la viande bovine, les soins et la beauté ; Mwali dans la banane verte, le poisson et l’écotourisme ; Ngazidja dans la culture du manioc, l’élevage de volaille et la couture d’habits traditionnels ; Maoré le sel solaire, la transformation de produits locaux et la plongée sous marine.

 

Tous les comoriens -diaspora comprise - amoureux de leur pays,  doivent saisir l’importance et l’intérêt qu’ils ont de comprendre et débattre de cette idée simple de mobilité croisée. Une idée essentielle pour que chaque citoyen puisse se sentir chez lui, partout sur tout le territoire national. En relevant ce défi, tous les comoriens contribueront à une Révolution des mentalités et à l’édification effective de la Nation comorienne. Une fois que le comorien connaîtra son territoire, connaîtra surtout la vie du voisin du village d’à côté ou de l’île d’en face, nous balayerons à jamais les démons internes et externes du séparatisme. Il en va de l’Amour entre comoriens, il en va de l’Union de la Nation Kamar…

 

Quel patriote osera relever ce nouveau défi ?

 

Anrmy B.

International Economist ; London

anrmy@hotmail.com

 

 

5 concepts simples et concrets pour le succès de la Mobilité Croisée

 

·        Opération Tour inter îles : Pour tous les citoyens de nationalité comorienne réduction de 50% pendant un mois pour se rendre sur une île en avion et/ou bateau// Janvier pour la destination Ndzuani ; Avril pour Mwali ; Août pour Ngazidja et  Novembre pour Maoré.

·        Opération Foires & Festiv’Iles : Foire des produits du terroir ; Festival de danses traditionnelles ; Foire de l’artisanat ; Foire des produits de la mer.

·        Opération Karibou Ramadhan : Profiter de ce mois pour promouvoir et faire découvrir les spécialités culinaires de chaque île.

·        Opération I Love Kamar : Choisir de présenter, le même jour et nationalement un même village dans chacune des 4 îles.

·        Opération Pieds Pirogues : Marathon inter îles composé d’équipes de jeunes pratiquant 2 disciplines : course à pied et course à pirogue.

 

 

Né dans l’océan indien aux Kamar, Anrmy B. poursuit des études en Commerce International sous le soleil montpelliérain. Il décroche brillamment  aux Etats-Unis (2001) un Master trilingue en Négociation et Gestion de Projets Internationaux.

 

Son riche parcours professionnel le mène dans les 4 coins du globe. Après Les Canaries, les Etats-Unis, Puerto Rico, La Réunion, L’Espagne, Dubaï il pose aujourd’hui ses valises à Londres où il est chargé du développement stratégiques   des  marchés hispanophones et francophone d’une grande société américaine.

Très attaché à sa terre natale,  il s’engage activement dans des actions humanitaires-en particulier le domaine de l’éducation et la santé. Il a aussi l’honneur d’être membre de la famille Rotaract, la branche jeune du Rotary International.



[1] Ce sont les navigateurs arabes qui ont donné au début du XVIème siècle leur nom à ces Iles situées dans le canal du Mozambique. Ils les appelaient couramment Kamar (Iles de la Lune)

[2] Dans cet article, nous utiliserons les noms authentiques de Ndzuani (Anjouan en français) ; Ngazidja (Grande Comore) ; Mwali (Mohéli) et Maoré (Mayotte)

[3] Le mouvement sécessionniste commence en 1995 à Mwali qui est rejoint par Ndzuani en 1997

[4] Mwali (34 500 h), Ngazidja (293 000 h), Ndzuani (254 000 h) sont indépendantes depuis le 6 juillet 1975. Maoré (186 000 h) est restée française

[5] Chef d’Etat Révolutionnaire de Kamar du 2 janvier 1976 au 15 mai 1978. Il fut assassiné par Bob Denard.

[6] Extrait de « Ali Swalihi 1976-1977 L’IMPOSTURE » - Djahazi 04 - 2008

[7] Titre de l’hymne de Kamar. Ce titre signifie « Union des Iles »

[8] Pirogues monoxyles à un ou deux balanciers, faites en bois et longues de 3 à 10 mètres. Elles servent à la pêche artisanale dans l’océan indien


                                    Réflexion sur «  le cas Mayotte »

        Ici, là-bas, et même à Mayotte, on entend tout et son contraire à propos de ce qui est convenu d’appeler « le cas Mayotte » : tant en ce qui est du statut juridique de cette île, de sa relation avec les autres îles voisines, que de l’immigration incontrôlée qu’elle connaît. Les propos récents (septembre 2005 ) des autorités nationales- par la voix de son ministre de l’Outre-mer M François Baroin- et locales, en matière de droit d’accession à la nationalité française, illustrent bien le désordre moral, intellectuel et culturel qui y règne. Or, sur « le cas Mayotte », la nécessité d’avoir une objectivité d’analyse, sans parti pris, n’a pas toujours prévalu. Pas plus, ailleurs qu’à Mayotte, « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » : autant de têtes, autant d’avis. 

 

           Mayotte (Maoré), une île sœur d’Anjouan (Ndzouani) de Mohéli (Moili) et de la Grande Comores (Ngazidja), est la seule de l’ancien Archipel des Comores (qu’il ne faudra pas confondre avec la République Fédérale Islamique des Comores), à rester française alors que les trois autres accédaient à l’indépendance en juillet 1975. C’est donc un fait bien accepté, à ce jour, par la très grande majorité des Mahorais  (seuls maîtres de leur destin) ;  puis, si peu qu’il le soit, par ceux qui connaissent bien la région. On peut le comprendre encore plus, quand on connaît le caractère instable et imprévisible des régimes politiques environnants.

Imposé, quelque destin que ce soit aux Mahorais serait leur renier ce droit qu’est devenu élémentaire à nos jours : le droit d’un peuple à disposer de lui-même. Mais cela n’entend pas pour autant l’octroie d’un droit à la soumission ou l’avidité à devenir le nègre « y a bon banania ». Cela suppose aussi le refus de toute idéologie extrémiste telle celle de « la société des amis des souffrants », nourricière de grande illusion. La voie qu’a prise Maoré pour son développement et son épanouissement paraissait être  à contresens ; aujourd’hui elle montre ses preuves face à celle empruntée par ses voisins ; de cet avantage acquis, Mayotte devrait s’en  servir et s’ériger, en toute modestie, en guide pour l’essor de ses voisins. La coopération régionale trouve ici une place prépondérante. Une coopération faisant intervenir tous les acteurs de la vie politique et socio-économique des îles du Canal de Mozambique. Mais pour cela, les querelles et autres manipulations doivent laisser la place au dialogue. Attiser les passions c’est faire tomber les maillons de la chaîne de solidarité, les uns après les autres. En effet, le Mahorais doit se garder de vouloir devenir « blanc au teint noir ». Le Comorien (au sens d’une nationalité), quant à lui, n’a rien à y gagner en stigmatisant le Mahorais dans son choix institutionnel, tant il est vrai que, l’orgueil d’un ventre affamé n’a d’égal que l’anosmie d’un  chat. Si peu qu’il eut été utile de dresser un bilan, en toute objectivité, celui des trois îles autonomes serait sombre.

 

           L’ambivalence atavique de la relation entre Maoré et les îles sœurs voisines (la fédération des îles Comores), reflète bien la grandeur du défi qu’ont à se lancer les différents acteurs de la vie politique comorienne, mahoraise et française. La volonté d’échanger, latente chez les uns, souhaitée chez les autres, doit d’être, en effet, la seule arme qui vaille. Et nul ne doit faire croire que le mahorais est d’abord européen, puis comorien (le terme comorien, ici, prend un sens géographique). Les partisans  inconditionnels d’une telle métamorphose, manifestent ; par-là, un mépris total envers le mahorais en le prenant pour moins qu’un mouton ; ou alors, une méconnaissance totale de la région du canal de mozambique. Quoique disent certaines têtes asservies, bien imprégnées d’idéologies extrémistes, un Mahorais ne peut shunter sa descendance. Il a forcement- et cela de façon réciproque- un oncle, une tante, un neveu ou une nièce à Ndzouani, à Moili, à Ngazidja, ou quelque part à Madagascar . Et c’est forcement dans la reconnaissance et le renforcement de ce lien que peuvent se régler les problèmes socio-économiques de la région du canal.

« N’ayez d’intolérance que vis-à-vis de l’intolérance. » Hippolyte Taine. Nul souffrance, ne doit susciter réjouissance ; bien au contraire, elle doit appeler à compassion et à assistance. Ce n’est pas par l’apnée que l’on enraye la puanteur d’un rat crevé. Comprendre l’origine de la misère et de la pauvreté qui frappent les îles voisines permettraient de la bien combattre et la vaincre. Un souffle d’oxygène dans ces îles, est un gros ballon d’oxygène à Mayotte. A l’évidence, et c’est un constat qui s’impose : Mayotte ne sera rien sans les îles voisines ; les Comores ne  seront rien sans Mayotte. Cependant, Mayotte dans les Comores pourrait être facteur d’instabilité et d’incertitude socio-économique. Il est donc de l’intérêt de tous les protagonistes de cet imbroglio, et plus particulièrement de celui de Mayotte, que naisse une coopération dont elle serait l’initiatrice, la promotrice, sur des bases équilibrées, sinon elle  reste en proie à un déséquilibre économique grave dans les années à  venir. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’il faut revoir les échanges et le contrôle du flux migratoire dans les deux sens ; avec surtout, à l’avenir proche, la remise en cause du mode d’entrée à Mayotte, qui est réservé aux voisins comoriens (sens nationalité). Celui d’aujourd’hui ne devrait pas être en adéquation avec un avenir comorien moins morose.

 

     Du flux migratoire, il faut garder raison et rester donc honnête et objectif. L’immigration clandestine est un mal ; qu’elle touche des territoires africains, européens, asiatiques ou américains. Mayotte ne peut faire l’exception, au nom d’un lien historique et géographique. C’est un problème d’autant plus préoccupant à Mayotte qu’il laisse des centaines de vie comoriennes entre les quelques miles qui séparent Anjouan de Mayotte. Il y a crime. A qui cela profite, serait-on tenté de demander. Il n’est pas honnête d’attribuer la totale responsabilité aux seules autorités françaises de Mayotte et du continent. Certes à celles-ci en incombe la plus grande, mais du reste, le silence assourdissant des autorités des Comores ne vaut-il pas approbation ? ! Quant à  la société des  bien-pensants bons humanistes, qu’elle admette humblement que l’humanisme y gagne quand il épouse  le réalisme. La manipulation dans un sens comme dans l’autre, est avant tout pourvoyeur de misère. Plaider pour une entrée non contrôlée des individus à Mayotte peut-être anachronique; à l’inverse, plaider pour le repli de Mayotte autour d’un rideau de fer, relève d’une hérésie. La politique de migration à Mayotte doit être bien pensée ; l’immigration n’y doit pas être asphyxiante, ni destructrice de l’identité des uns et des autres. Sa gestion revient aux diverses autorités, puisque chacun y trouverait son compte ; et l’ensemble des îles de l’océan indien y compris. Concilier les opinions afin de réconcilier entre eux les mahorais et les autres comoriens ne relève quand même pas de l’utopie. Bien beaucoup de nations, et pour des motifs de discorde d’une grande gravité, en sont parvenues.

Est-il impensable, que l’on puisse relancer une politique de développement économique aux Comores, avec les mêmes acteurs de la vie économique à Mayotte, seule solution durable et humaine pour rompre avec l’écoulement unidirectionnel du flux migratoire. Certes, cela nécessite un socle solide et stable aux Comores ; mais quand on le veut dans la coopération on le peut !

 

  Quant à la problématique de la nationalité française acquise à Mayotte, il n’en est pas moins une et authentique; quand  elle réveille le doute, que le mahorais le comprenne, la  sienne l’est autant que celle d’un autre comorien, acquise selon les mêmes droits. Entendre des responsables politiques mahorais soutenir la thèse d’une « nationalité française light », car acquise à Mayotte, laisse de marbre et jette le doute sur la maturité de la politique mahoraise. Quand des propos de ministre ne méritent que désapprobation, rejet, car plein de mépris, il est affligeant de voir une partie de l’élite mahoraise, venir au secours de celui-ci avec des arguments qui manquent de sérieux. Révèlent-ils, là le visage de soumis, d’obéissants perroquets à l’égard du bienfaiteur ?!

Que ces mêmes autorités aillent passer quelques jours dans certains départements d’outre-mer. De deux choses l’une : ou ils seront accueillis bras ouverts et je le crois peu, ou ils se rendront vite compte qu’ils sont des français à part (non pas parce qu’ils se seraient targués de posséder une « nationalité française light », mais parce qu’ils sont mahorais). En rajouter un handicap à un handicap, est une bonne trouvaille de notre ministère, largement compris par  certaines de nos élites. Mayotte, laboratoire de « connerie », voilà la nouvelle image que s’est attelé à donner notre ministère de l’outre-mer, avec l’approbation aveugle des asservis inconditionnés de la  providence.

La société mahoraise connaît aujourd’hui des bouleversements d’allure inquiétante. La mesure de la vulnérabilité d’une société n’a jamais été, ici, aussi ignorée piétinée même. Ne laissez pas poindre les actes barbares prémédités. Il en va de l’intérêt des quatre îles, aujourd’hui mais aussi demain, que de nouer, sur des bases raisonnables, le dialogue pour le bien être des uns et des autres. A l’heure où l’UMP cherche à vous imposer (avec l’aval de tous ses députés) une vision nihiliste des responsabilités de la Nation dans les ravages de la colonisation, ne suivez pas l’opinion aliénée. N’assumez pas votre destruction identitaire vous-même ; laissez cela à d’autres qui sont beaucoup plus doués.
                                            
                                                                                                               Darkaoui Allaoui           

 

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 22:41

                                                Narcisse-humanitaire

 

Le narcisse-humanitaire, c’est tout le contraire de l’humanitaire. Il est engendré par un sentiment égocentrique qui est celui de se sentir utile à l’autre. Aussi inconsciente que pernicieuse, cette disposition peut conduire à concevoir, de manière démonstrative, que l’autre n’existe que par nous. Cette attitude, loin d’être individuelle, est dans bien beaucoup de cas, institutionnelle ; elle conditionne des hommes et des femmes, des nations entières à l’obligation de crier « au secours ». Elle constitue, à nos jours, une  forme de mise sous tutelle par consentement conditionné : la néo-dépendance. Paradoxalement, elle est sournoisement latente chez l’homme de gauche*.

L’humanitaire, un composant assez négligeable de l’humanisme, se doit de s’atteler à inscrire l’homme dans la voie de la liberté, de l’indépendance et  de l’assimilation de la notion « solidarité ». Voilà trois notions indéfectibles, de l’humanisme: liberté, indépendance et solidarité. L’humanisme, selon J. P. Sartre, se définirait par une intelligence transcendante par laquelle la valeur humaine serait en perpétuel mouvement positif, où l’homme sachant se projeter hors de lui, ferait exister l’homme. Les nations s’enrichiraient mutuellement ; nulle nation ne serait soumise à l’image d’une autre : ceci définit l’équilibre de l’interdépendance des nations. Pour progresser, disait Lévi-Strauss, il faut que les hommes collaborent ; et au cours de cette collaboration, ils voient graduellement s’identifier les apports dont la diversité initiale était précisément ce qui rendait leur collaboration féconde et nécessaire

Mais sommes-nous prêt à œuvrer pour équilibrer l’interdépendance universelle des nations ?

A cet objectif, je  doute fort que nous voudrions nous en approcher une seconde. Pourtant, la nécessité de penser le développement, l’économie de marcher, avec le souci permanent de la préservation de la planète, oblige à œuvrer pour l’acceptation de l’équilibre de l’interdépendance universelle des nations. Et ce qui est vrai de la production matérielle devrait tout autant l’être de la production intellectuelle. Je me plais à dire :  Le respect de la dignité humaine, de l’éminente dignité de la personne, d’un peuple, c’est tant ne pas se suffire à penser qu’il s’accommode de notre compassion pour lui, que lui laisser la liberté d’être, de devenir différent de nous ; tel l’oiselet qui prend son envol. Si l’on oblige toutes les nations à faire leur, notre conception du monde, il n’y a plus d’humanisme : il y a obéissance et donc soumission.

                                                            Darkaoui Allaoui : 11/11/08

 

* Je pourrais m’étendre longuement.

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Darkaoui Allaoui - dans Société
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