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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 21:47

Entre blocage et négociation, le département de Mayotte fatigue

LEMONDE.FR | 28.10.11 | 21h08

 

 

Des manifestants protestent dans les rues de Mamoudzou, le 10 octobre 2011.

Des manifestants protestent dans les rues de Mamoudzou, le 10 octobre 2011.AFP/RICHARD BOUHET

  Après quatre semaines de mouvement social et d'affrontements, Mayotte, devenu le 101e département français le 31 mars 2011, n'a toujours pas retrouvé le calme. Des barrages érigés à l'aide de troncs d'arbres bloquaient encore, vendredi 28 octobre, une partie des axes principaux de l'île. La liaison entre Petite-Terre et Grande-Terre était, elle aussi, interrompue depuis l'entrée dans le mouvement de grève, jeudi, du personnel du Service de transport maritime. Quant aux magasins, ils restent fermés, à l'exception de rares supermarchés qui ouvrent timidement mais leurs rayons sont vides, faute d'approvisionnement. Les médicaments commencent également à manquer. La population de cette petite île de l'océan Indien, au nombre de 186 000, réclame une baisse du coût de la vie et des produits de première nécessité, dont le riz, la farine, l'huile, le lait, les tomates, la viande et les "mabawas" – les ailes de poulet, en mahorais. Ces différentes marchandises apparaissent sur une liste de dix produits dont les syndicats et associations de consommateurs souhaitent voir le prix baisser. L'intersyndicale, le Medef et les élus de l'île se sont rencontrés le 17 octobre. Parmi eux, seule FO a paraphé l'accord signé avec le Medef portant sur la baisse d'environ 10 % du prix de neuf produits. Les autres ont claqué la porte, à commencer par Salim Nahouda, secrétaire départemental de la CGT Mayotte, et restent mobilisés.

>> Lire A Mayotte, "l'Etat doit prendre ses responsabilités"

 

Des enfants du village de Majicavo - Koropa, dans le quartier dit du Plateau, jouent le 18 mars 2011, sur la commune de Koungou, sur Grande-Terre, la plus grande île de Mayotte.

Des enfants du village de Majicavo - Koropa, dans le quartier dit du Plateau, jouent le 18 mars 2011, sur la commune de Koungou, sur Grande-Terre, la plus grande île de Mayotte.AFP/SOPHIE LAUTIER

 

"On attend de voir ce qui sera fait pour la viande", au cœur des revendications, tempère néanmoins Rifay Saïd Hamidouni, président de l'Association des consommateurs mahorais et membre du syndicat FO. "On attend aussi de voir si la grande distribution va revoir la grille des prix du panel de 400 produits qu'on lui exposera prochainement", ajoute-t-il. Mais la cherté de la vie ne s'arrête pas à ces quelques denrées de base. "Ici, je paie mon tube de dentifrice environ trois euros, alors qu'il me coûtait moins d'un euro en métropole", témoigne ainsi un Mahorais de 23 ans.
Ce mouvement rappelle celui qui a touché la Guadeloupe pendant 44 jours, en 2009. Pour Elie Domota, le porte-parole du mouvement contre la pwofitasyon (LKP), il y a effectivement des similitudes. Interrogé par le Journal du dimanche, il explique : "Les causes du mal sont les mêmes : une société à deux vitesses avec beaucoup d'arrogance et de mépris (...). Il s'agit de maintenir en place le même système avec au sommet de la pyramide ceux de la grande distribution qui s'en mettent plein les poches et en bas les Mahorais qui souffrent. Ils ont raison de se soulever contre ce système." A terme, il s'agit aussi d'augmenter le pouvoir d'achat. "La baisse des prix est un symbole, mais au-delà, nous demandons l'alignement du smic local à 1 300 euros, des prestations sociales, l'extension de tous les droits sociaux, l'augmentation des retraites, etc.", a affirmé Salim Nahouda, de la CGT, à Médiapart (article payant).

 

Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont émaillé le mouvement contre la vie chère.

Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont émaillé le mouvement contre la vie chère.AFP/PHOTO IMAZ PRESS REUNION

 

Selon Les Echos, les demandes de chômage partiel se multiplient : "elles concernent déjà 2 300 salariés, pour environ 17 000 actifs recensés dans le secteur privé". Interrogé par le quotidien économique, Jean-Paul Aygalent, directeur du travail, affirme que "de nombreuses entreprises n'ont réalisé aucun chiffre d'affaires en octobre". Et dans le secteur du tourisme, les annulations pleuvent.   Le 27 septembre, lorsque l'intersyndicale décide de lancer le mouvement de grève générale qui doit permettre de faire pression sur les responsables politiques et économiques locaux, personne n'imaginait un mouvement si vaste. Rifay Saïd Hamidouni souhaitait "éviter la paralysie de l'île et l'arrêt de l'activité commerciale". Raté. Mais le blocage actuel sur la cherté de la vie n'explique pas à lui seul l'ampleur de la contestation. "Je peux vous assurer que ceux qui ont décidé de poursuivre le mouvement après le 17 octobre sont aujourd'hui complètement dépassés," confie M. Hamidouni. Dans sa ligne de mire : la CGTMa ou la CFDT.

 

Des policiers dans le centre-ville de Mamoudzou, le 10 octobre.

Des policiers dans le centre-ville de Mamoudzou, le 10 octobre.AFP/RICHARD BOUHET

 

Par "dépassé", le président de l'Association des consommateurs mahorais pense notamment à Ali El Anziz, retrouvé sans vie, mercredi, devant un magasin de Mamoudzou, après des affrontements avec la police – la mort serait due à un massage cardiaque mal prodigué, selon le rapport d'autopsie – ou à l'adolescent de 14 ans hospitalisé après des affrontements entre jeunes et gendarmes, mardi. La préfecture de Mayotte avait déclaré le lendemain que le garçon avait été atteint par "un projectile" non identifié, non par un tir de "gomme-cogne". Ces deux événements ont, à coup sûr, enflammé un peu plus des esprits déjà bien échauffés par une présence policière massive dès les premiers rassemblements publics. Au début du mois, un garçon de 9 ans avait été blessé à l'œil par un tir de Flash-Ball. Le gendarme à l'origine du tir a été mis en examen depuis.

 

 

Le gouvernement français cherche désormais une sortie de crise, sans succès pour le moment. La ministre de l'outre-mer, Marie-Luce Penchard, qui s'était rendue sur l'île en urgence le 14 octobre, a chargé jeudi Denis Robin, ancien préfet de Mayotte, d'une mission pour tenter de résoudre la crise. M. Robin, qui connaît bien Mayotte pour y avoir préparé entre 2008 et 2009 la départementalisation du territoire, a pour objectif de mener  "toutes les consultations" qu'il jugera "utiles".

 

Marie-Luce Penchard et l'ancien préfet de Mayotte, Denis Robin, le 27 octobre 2011.

Marie-Luce Penchard et l'ancien préfet de Mayotte, Denis Robin, le 27 octobre 2011.AFP/THOMAS SAMSON

 

Un nouveau mandat qui intervient après celui du médiateur, Stanislas Martin, concernant la question plus technique des prix, mais qui a débouché sur une impasse lors de la réunion de  l'observatoire des prix, lundi. "Nous attendions un négociateur, on nous envoie un médiateur ayant pour mission d'écouter les différentes parties et de produire pour la semaine prochaine un rapport, notamment à l'intention des membres de l'observatoire des prix", a regretté Salim Naouda, qui rapporte le sentiment d'une intersyndicale unanime. Quatre jours plus tard, M. Martin s'est voulu rassurant. Il a assuré que le prix de la viande n'était pas le fait d'"arnaques" et a préconisé plus de concurrence au service du consommateur. Si le gouvernement cherche à résorber la crise au plus vite c'est aussi parce que le climat se radicalise. "La situation est différente d'il y a une dizaine de jours, où nous avions des manifestations de la population, mais aujourd'hui les Mahorais aspirent à retrouver une vie normale et visiblement, le mouvement se radicalise, peut-être avec une centaine de jeunes", estime Mme Penchard.  Rifay Saïd Hamidouni s'inquiète lui aussi des débordements impliquant "des jeunes sans emploi, sans encadrement et sans aucune perspective d'avenir". Des jeunes pouvant aussi appartenir à la communauté comorienne arrivée clandestinement sur le territoire par l'île d'Anjouan. Néanmoins, M. Hamidouni persiste et signe : "les Mahorais resteront mobilisés jusqu'au bout".
Mathias Destal
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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 22:24

Un vrai traumatisme,

 

            L’affaire DSK a provoqué une terrible onde de choc, tant en France que dans une grande partie du monde. Au delà de la sur-médiatisation très malsaine, mais signe fort de notre époque plus attachée au sensationnel qu’au raisonnable, ce qui me frappe le plus, c’est encore une fois les dérives liées à l’argent fou.  Sur le plan national et international, Dominique Strauss-Kahn était, objectivement, un des grands leaders du temps présent. Incontestablement, il avait les compétences pour être un Président de la République responsable et capable de ramener la rigueur là où elle nous a tant fait défaut depuis plus de 10 ans. Tout comme Nicolas Sarkozy, il y a 4 ans, il suscitait un grand espoir chez une majorité de nos concitoyens. Mais, l’un comme l’autre ont cédés aux attraits de l’argent facile et de la fréquentation des riches de ce monde. Le pouvoir peut rendre fou et selon Homère dans « L’odyssée » : « Sur la terre, il n’y a rien de plus faible que l’homme ».

              Le grand traumatisme de l’affaire DSK est la fragilité et l’inconscience d’hommes de ce niveau de responsabilité. Il n’est pas choquant qu’il soit traité comme un justiciable de droit commun. Mais, par la sur-médiatisation de son arrestation il a été scandaleusement livré à l’opprobre public, avec la négation même de la présomption d’innocence. Ce qui m’a le plus heurté,  c’est l’ampleur des sommes qu’il a pu donner en caution, ou surtout dépenser pour payer son placement en résidence surveillée. Pour les millions de chômeurs ou de bénéficiaires des minima sociaux, comment ne pas avoir un haut le cœur devant de telles sommes. Il en est de même devant les sommes colossales octroyées à Bernard Tapie, dont notamment ces 45 millions d’euros pour préjudice moral. Si les accusations portées par la femme de chambre du Sofitel de New York contre DSK sont vraies, on peut penser que son préjudice moral est aussi important que celui subi par Bernard Tapie, ou de même pour les acquittés d’Outreau. Dans les animaux malades de la peste, la morale de la fable de La Fontaine est : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Cette fable est toujours d’actualité, tellement les riches et les puissants se sentent protégés, et tellement les pauvres et faibles se sentent en péril. L’inconscience pour les uns, la peur pour les autres.

            L’affaire Clearstream, le procès de Jacques Chirac, les avantages de Bernard Tapie payés par le contribuable, la privatisation scandaleuse  des autoroutes  pour enrichir les plus riches, la tentative de faire élire Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, la double vie cachée de François Mitterand, les faiblesses incroyables de Dominique Strauss-Kahn, l’affaire Bettencourt, les bonus scandaleux des banquiers et des patrons du CAC 40, tout ceci donne le tournis et la nausée. Pour beaucoup de  puissants, la corruption accompagne leur médiocrité.  Dans le cas de DSK, le traumatisme vient de sa compétence internationalement reconnue  et de sa capacité à appréhender l’avenir. Malheureusement, il avait perdu tout contact avec la vie réelle.

Il est grand temps de rechercher des hommes intelligents et honnêtes, soucieux de l’intérêt commun, des hommes qui ne soient pas grisés par l’argent et par la fréquentation des puissants. Je veux croire qu’il existe des hommes équilibrés, humbles, intelligents, soucieux de l’avenir des jeunes, capables de tenir un discours de vérité et de mettre en place une politique de rigueur équitable. Il faut les aider à sortir de l’ombre et les soutenir dans leur combat contre les forces de l’injustice, de l’argent facile, du copinage malsain et du laisser-aller. Le traumatisme de l’affaire DSK pourrait alors avoir été salutaire.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

 

                                                                                                                                                                                                                                  Jacques JEANTEUR

                                                                                                       Mouvement  Démocrate               

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 09:59

Grandeur et décadence,

 

            L’actualité mondiale et celle française montrent simultanément la grandeur des uns et la décadence des autres. Les insurgés du « Printemps arabe » sont un exemple évident et historique de grandeur faisant basculer des régimes dictatoriaux et décadents. Comme l’écrit Jean Daniel : « Nous n’avons pas ici de kamikazes, de fanatiques artisans des attentats suicides. Ils ne tuent pas, ils laissent le péché du meurtre à leurs ennemis…Ils imposent la force immense et collective de leur seule présence. Voilà bien ce qui nous sépare des chevaliers de l’extrémisme. » Toutes les grandes démocraties mondiales ont mis du temps à comprendre la grandeur de ces aspirations. Nous avons trop souvent considérés les habitants du  Maghreb comme des êtres difficiles à comprendre et ne pouvant être canalisés que par des régimes forts. Le monde arabe faisait peur et le continent africain restait le symbole de la pauvreté, avec ce que cela suppose d’incapacité à s’assumer. Dans son discours du 26 juillet 2007 à l’université de Dakar, Nicolas Sarkozy n’avait pas craint de dire que le problème principal de l’Afrique venait de ce que : « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire…Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance…Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. » Cette arrogance d’une ancienne puissance coloniale était une preuve de non respect et donc une forme de décadence.

            En revanche, le 4 juin 2009, Barack Obama a prononcé au Caire un discours plein de grandeur  à l’attention des musulmans du monde entier. Il a dit notamment : « Tant que notre relation restera définie par nos différences, nous donnerons  du pouvoir  à ceux qui sèment la haine, et non la paix, et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui peut aider nos deux peuples à connaître la justice et la prospérité. C’est ce cycle de la défiance et de la discorde qui doit être brisé. Je suis venu ici au Caire en quête d’un nouveau départ pour les Etats Unis et les musulmans du monde entier, un départ fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel, et reposant sur la proposition vraie que l’Amérique et l’Islam ne s’excluent pas et qu’ils n’ont pas lieu de se faire concurrence. Bien au contraire, l’Amérique et l’Islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain. » On voit bien la différence de ton entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama, et on mesure le fossé d’incompréhension qui s’est creusé entre la France et les pays arabes. Cela explique les errements diplomatiques que nous avons connus au cours de ces deux derniers mois. François Ernenwein, dans « La Croix » explique bien ce fossé quand il écrit : « Si l’aspiration démocratique au sud de l’Europe avait paru d’emblée légitime, si les dictatures tunisienne, égyptienne, libyenne (pour ne citer qu’elles) avaient été vraiment prises pour ce qu’elles étaient, personne ne se serait risqué à pactiser ostensiblement avec elles avant de devoir prendre du recul. Mais dans la balance coûts-avantages, l’apparente stabilité politique et économique assurée par ces régimes et le rempart qu’ils devaient offrir pour contenir l’islamisme semblaient l’emporter sur bien d’autres considérations. Dès lors, il devenait difficile de comprendre les révoltes naissantes. »

            Michèle Alliot-Marie a incarné en quelques jours à la fois la décadence du comportement de nos responsables, mais aussi son incapacité à diriger la diplomatie de notre pays. Le temps mis par Nicolas Sarkozy à s’en séparer a également terni notre image. Perdu dans nos compromissions, nous n’avons pas pu sentir le vent de la liberté qui s’est mis à souffler en tempête sur l’Afrique du Nord. François Mitterand, à son époque, n’avait pas non plus vu venir, ni compris, la chute du mur de Berlin. Nos élites, repliées sur leur camp et corrompues se satisfont  très bien des régimes en place. Notre peuple s’est recroquevillé sur ses petits problèmes. Nous ne sommes pas gênés de défiler par centaines de milliers contre la retraite à 62 ans et simultanément d’accepter que les salariés du Maghreb ou d’Asie soient payés 5 à 10 fois moins que nous. C’est une forme de décadence de se replier sur ses avantages acquis sans se soucier de la situation des autres. Les comportements autoritaires et corrompus des dirigeants du Maghreb n’ont pas empêché les français de se rendre en masse sur les lieux touristiques de Tunisie et d’Egypte. Il faut donc savoir rester humbles.

 Une vraie question est de savoir si l’ont peut défendre en même temps des intérêts particuliers et des valeurs. Michèle Alliot-Marie, dans sa lettre imposée de démission, ne craint pas d’affirmer qu’elle a le sentiment de n’avoir commis aucun manquement. C’est bien cette inconscience qui est grave, et qui montre la décadence actuelle. Quand on découvre à nouveau que les entreprises du CAC 40 vont verser cette année près de 40 milliards d’euros de dividendes, contre 35 milliards l’année dernière, on peut s’interroger sur la morale de cette société. Quand on voit l’insolence de Didier Lombard, qui, à 69 ans, quitte la présidence de France Télécom, mais reste salarié, on peut aussi parler de décadence et se rappeler la phrase de Jean-Jacques Rousseau : «  On a tout avec de l’argent, hormis des mœurs et des citoyens. » Face au courage des peuples tunisien, égyptien et libyen, tous touchés par le chômage et la pauvreté, on mesure l’indécence de ces comportements décadents, qu’ils soient le fait d’hommes politiques ou de responsables économiques. La grandeur des uns fait contraste avec la décadence des autres.

 

                                                                                                                                                                                                                                  Jacques JEANTEUR

                                                                                                       Mouvement  Démocrate  

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 08:26

            Les conflits d’intérêts,

 

            Le livre de Martin Hirsch « Pour en finir avec les conflits d’intérêts », d’après les commentaires,  remet au premier plan ce fléau récurrent des cumuls de mandats et de fonctions, qui permettent d’utiliser son pouvoir politique ou administratif à des fins partisanes ou pour servir des intérêts particuliers. Le service central de la corruption au niveau européen dans son rapport de 2004 donne cette définition : « Un conflit d’intérêt naît d’une situation dans laquelle une personne employée par un organisme public ou privé, possède à titre privé, des intérêts qui pourraient influer ou paraître influer sur la manière dont elle s’acquitte de ses fonctions et des responsabilités qui lui ont été confiées par cet organisme »

            L’immoralisme de certains responsables politiques ou économiques devient un sujet principal de préoccupation des français, au même titre que le chômage ou l’insécurité. Il faut dire que les dérapages se multiplient et que chaque jour nous apporte son lot de scandales de conflits d’intérêts. La bande du Fouquet’s alimente notamment cette rubrique. Mais elle n’est pas la seule et ce n’est pas nouveau. François Mitterrand, avec l’affaire des écoutes, avait déjà frappé fort, pour protéger l’existence de sa fille cachée Mazarine Pingeot. Les emplois fictifs de la mairie de Paris étaient l’œuvre de Jacques Chirac et du RPR. Les commissions sur les marchés publics des lycées d’Ile de France étaient l’œuvre conjointe du PS, du PC et du RPR. La corruption ne connaît pas les frontières partisanes. Il n’y a pas la gauche et la droite, mais des corrompus et des gens honnêtes. Un élu peut-il utiliser son mandat pour défendre des intérêts privés ? Un dirigeant peut-il siéger dans plusieurs conseils d’administration, y compris au sein d’entreprises ayant des intérêts divergents ? Une même personne peut-elle être à la tête d’une entreprise publique et conserver des responsabilités éminentes dans une entreprise privée ? Un ministre du budget peut-il favoriser l’embauche de son épouse par une des plus grosses fortunes du pays ? Peut-on, comme expert, recommander une vaccination massive contre la grippe A tout en ayant des liens avec les laboratoires qui fabriquent ces vaccins ? Peut-on être élu d’un secteur et posséder tous les organes de presse de ce secteur ? Pour éviter ces déviances, Martin Hirsch préconise un certain nombre de règles pour sortir de la zone grise, celle où « l’on ne sait plus ce qui est de l’ordre du normal ou du déviant, du tolérable ou de l’inacceptable. » Il plaide pour une loi qui imposerait notamment aux principaux responsables politiques une déclaration d’intérêts comprenant l’ensemble de leurs revenus et interdirait le cumul de leurs fonctions avec certaines activités professionnelles.

            Dans un entretien dans « La Croix », François Bayrou se prononce pour l’instauration de règles strictes afin de prévenir les conflits d’intérêts, d’assainir les rapports entre le pouvoir et l’argent et rendre la vie publique plus transparente. « L’homme, on le sait, est faillible. Les institutions sont donc faites, non pas pour des surhommes purs et sans tache, mais pour des hommes faibles ou qui peuvent être faibles. Il faut donc les protéger contre eux-mêmes en rendant les dérapages impossibles…Le sujet de l’éthique dans la vie publique sera un sujet clé de la prochaine élection présidentielle, et je le souhaite ardemment. On ne peut plus vivre dans cet univers de mélange des intérêts. Car la démocratie ne peut pas s’accommoder du soupçon. Le ressort de la démocratie, c’est l’adhésion du citoyen ; il ne peut pas y avoir adhésion, s’il n’y a pas confiance. » Je ne peux que partager cette position, car elle montre bien la fragilité de l’homme et la nécessité de le protéger de lui-même. L’argent et le pouvoir sont de tels moteurs de tentation, qu’il faut une grande force intérieure ou de bons garde-fous institutionnels pour ne pas succomber à leurs attraits. Pour qu’il y ait ces garde-fous, il faut une volonté politique partagée par le plus grand nombre. Ce n’est pas encore le cas. L’exemple de Tapie, de la tentative de Jean Sarkozy de prendre la présidence de l’EPAD,  de l’affaire Woerth-Bettencourt le prouvent.  La tentative de rachat du journal « Le Parisien » par Serge Dassault, homme de presse (Le Figaro), sénateur, banquier, chef d’entreprise, serait une preuve de plus de l’immoralité ambiante et du conflit d’intérêts permanent. Attendons pour voir s’il réussit son coup de force et avec l’aide de qui. Dans tous les cas, il nous faut réagir.

 

Jacques JEANTEUR

                                                                        Mouvement  Démocrate

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 22:21

                LIBRE OPINION

                                                                                              Lundi 6 septembre 2010

 

 

 

                                                                                                                          

Les décorations de la république,

 

            Un des aspects destructeurs des liens clairement mis à jour entre le pouvoir et les grandes fortunes, est l’affaire de la légion d’honneur remise par Eric Woerth à Philippe de Maistre, avec le soutien de Nicolas Sarkozy. Il est démontré que cette décoration a été remise pour récompenser un généreux donateur de l’UMP et de la campagne de Nicolas Sarkozy. Il est clair que la fonction de gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, ne suppose pas de mérites particuliers, si ce n’est de parvenir à faire payer moins d’impôts à ceux qui ont une grosse fortune. Il s’agit d’optimisation fiscale, c'est-à-dire d’utiliser au maximum les possibilités de la loi, au détriment parfois de la morale.

            . Patrice de Maistre a été fait chevalier de la Légion d’honneur dans la promotion du 14 juillet 2007. Nicolas Sarkozy venait d’être élu Président de la République le 6 mai. La décoration lui a été remise par Eric Woerth, ministre du budget, trésorier de l’UMP, le 23 janvier 2008. Eric Woerth avait écrit à Nicolas Sarkozy, en mars 2007, en pleine campagne électorale,  sur papier à en-tête  d’une association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy, pour soutenir cette promotion. Il vantait les mérites de Patrice de Maistre, membre du premier cercle, rassemblant les principaux donateurs du candidat UMP.

            L’Ordre de la Légion d’Honneur a été créé le 19 mai 1802 par Napoléon. Il veut réunir  le courage des militaires aux talents des civils. C’est le général de Gaulle qui a créé l’Ordre National du Mérite le 24 mars 1960, dans le même esprit. Normalement, les promotions dans ces deux ordres récompensent des actions au service de l’intérêt général ou des actions individuelles ayant valorisé la collectivité (sportifs de haut niveau, acteurs, actes de courage…) Dans le cas de Patrice de Maistre, on peut parler de décoration non justifiée, car on ne récompense pas les financeurs d’un parti ou d’un clan. C’est un dévoiement très grave. Etant moi-même membre de ces deux ordres, j’ai le sentiment que l’on pourrait maintenant supposer que j’ai plus ou moins payé pour les obtenir, ou que j’ai voté dans le bon sens. Heureusement, j’ai été promu dans l’Ordre National du Mérite, il y a près de 20 ans, comme Président du Comité de coordination des programmes régionaux de la formation professionnelle et de l’apprentissage, véritable parlement de la formation, créé au moment des lois de décentralisation. J’ai été promu dans l’ordre de la Légion d’Honneur, il y a 6 ans, comme Président de l’Etablissement Public d’Aménagement de la Meuse et de ses Affluents (EPAMA). C’est Raymond Barre, qui, à ma demande, a accepté de me remettre l’insigne, dans l’intimité familiale. Je n’ai jamais rien demandé et j’ai accepté ces décorations parce qu’elles récompensaient, au travers de ma personne, les actions collectives que j’avais menées avec mes équipes au niveau de la décentralisation de la formation et de la lutte contre les inondations. Mon épouse, Marianne, a été promue, il y a une quinzaine d’années,dans l’Ordre National du Mérite, sans avoir rien demandé, pour son action en faveur des apprentis. La manière dont Nicolas Sarkozy, et ses proches, utilisent ces décorations pour récompenser ceux qui le soutiennent, et qu’il protège, est indigne et scandaleuse.  Cela rentre dans une démarche globale de politique de clan, où la morale n’a pas sa place. Je pense avoir le droit de le dénoncer, sans être taxé une nouvelle fois d’antisarkozisme primaire.

 

              Jacques JEANTEUR

MODEM

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 21:35

 

aly-yemenia

Abdoulatifou Aly, député MoDem de Mayotte, a déposé vendredi 4 juin une proposition de résolution ayant pour objet la création d'une commission d'enquête sur les causes de l'accident, survenu le 30 juin 2009, de l'appareil de la compagnie Yemenia assurant la liaison Sanaa-Moroni.

Accompagné de Saïd Ahmada, porte-parole de l'association SOS Voyages aux Comores (association créée en 2008 donc avant le crash de la Yemenia), il a remis en mains propres le texte de sa proposition à Olivier Challan-Belval, directeur de cabinet du Président Bernard Accoyer, qui les a reçus dans les locaux de la Présidence de l'Assemblée nationale.


Sans se substituer aux enquêtes judiciaires en cours, cette commission d'enquête permettrait, si sa création était décidée par une majorité de députés, d'identifier précisément les causes de l'accident afin de prendre les décisions qui permettront d'éviter qu'un tel drame se reproduise, sachant que les vols de la Yemenia vers les Comores ont repris au mois de février, sans aucune amélioration des procédures de sécurité.

Au moment où les questions de sécurité aérienne se trouvent plus que jamais d'actualité, avec l'enquête sur le crash du vol Rio-Paris et la publication de l'ouvrage « la face cachée d'Air France », il est plus que jamais urgent d'agir contre les « avions cercueils » qui circulent au mépris des règles de sûreté les plus élémentaires.

Par ailleurs, Abdoulatifou Aly a d'ores et déjà annoncé qu'il posera une question d'actualité au gouvernement sur le même sujet le 30 juin 2010, soit un an jour pour jour après le crash.

Rappelons qu'il y a bientôt un an, le 30 juin 2009, un Airbus A 310 Airbus de la compagnie Yemenia s'est abîmé en mer au large des Comores avec 142 passagers à bord et 11 membres d'équipage. L'Airbus effectuait le dernier tronçon d un trajet au départ de France en assurant la liaison entre Sanaa, capitale du Yémen, et Moroni, capitale de l'archipel des Comores.

En effet, un grand nombre de passagers avaient d'abord emprunté un A330 qui assurait le vol Yemenia 749, parti de l'aéroport Charles-de-Gaulle, à Paris, pour se rendre, via Marseille, à Sanaa, où ils avaient embarqué à bord de l'A310 assurant le vol IY626 à destination de Moroni. L'avion a disparu des écrans radar alors qu'il se trouvait en phase d'atterrissage vers l'aéroport international Prince Saïd Ibrahim de Moroni. Sur les 153 personnes à bord, seule une jeune fille de douze ans a survécu à l'accident. Parmi les victimes qui ont pu être identifiées, on compte pour la quasi-totalité des ressortissants français et/ou comoriens (certains étant des binationaux).

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 01:01

Il y a un peu plus de deux ans (je crois), lançait déjà  en guise d’alerte, l’ancien  Président Français Jacques Chirac : « Notre maison brûle ».
« Notre littoral s’effrite », serions –nous tenter,  à notre tour, de lancer à l’endroit des pays  développés par l’industrialisation massive.
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A l’heure de la mobilisation générale contre le réchauffement climatique, il n’est pas illégitime d’engager le débat à notre échelle (insulaire); certes dans une configuration légèrement différente de celle des îles Maldives, puisque, et fort heureusement, nous ne sommes pas appelés à devenir une particularité des cartes géographiques d’avant 2010 (année qui pourrait voir la submersion des îles Maldives). Loin de verser dans la psychose; sans pour autant renier un phénomène aussi insidieux que réel, parfois exacerbé par des pratiques destructrice de l’environnement; le temps est venu, pour nous, de réveiller les consciences et de sensibiliser tout le monde à la chose écologique.

Aujourd’hui à Copenhague, gouvernements, industriels et écologistes, jouent les pompiers et mettent en avant l’importance des énergies renouvelables face à l’urgence climatique, tout en voulant préserver leurs intérêts respectifs ; avec en fond sonore : ne pas stagner pendant que d’autres états progressent.

Quels sont les objectifs attendus du sommet de Copenhague ?

Ils sont un certain nombre ; mais s’il faut en retenir deux, on citerait ceux-ci : obtenir la limitation de la hausse des températures à moins de 2°C ; aller vers une réduction d’au moins 50% des émissions de CO2.

En quoi, sommes-nous concernés par de tels objectifs, étant entendu que nous sommes plutôt dans une disposition de survie au quotidien et donc  loin de la logique du "consommer propre" et encore moins du "produire propre".  Nous sommes concernés, en ce sens que nous serons certainement, les premiers victimes du réchauffement climatique, de par le peu de recours que nous offre la réalité géographique. On se doit, en conséquence, de trouver ce fameux compromis qui nous permettrait de ne pas nous condamner  à jamais dans la misère en nous fermant les portes du progrès, tout en laissant un lendemain meilleur à nos enfants.

Quelle contribution, sommes nous amener à apporter ?

A l'échelle insulaire, cela peut se traduire par une politique volontariste qui mettrait le paquet sur la dé-pollution de nos îles et en faire des "propres"; qui bannirait les habitudes responsables d’érosion ; qui impulserait le reboisement des zones à risque ; privilégierait les véhicules électriques voire taxerait fortement toute importation de véhicules non électrique.

A une autre échelle, on pourrait compter sur l'appui des pays développés pour privilégier les énergies propres (photo-voltaïques..etc); conserver une agriculture respectueuse de l'environnement...etc.

Comment ?

C’est bien là les enjeux du sommet de Copenhague ; dire clairement le financement de ces politiques ambitieuses et le soutenir , sans soutenir les potentiels dictateurs ; ceux-ci ne doivent pas trouver de l’effort mondial, un nouveau moyen d’enrichissement personnel. 

                                                                                                                                                        Darkaoui

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 21:36

COMPTE RENDU DE LA REUNION DU NOUVEAU MAIRE ABDOULHALIM  BACAR

 

                                               Avec certaines personnalités de la ville

 

Lieu: Foyer des jeunes, Espace CHABABI                      Date: Samedi 18/octobre 09 à 16H

 

Objet de la réunion: Prise de contact du Maire avec l intelligentsia d΄ Ouani

 

Apres avoir remercié  tous ceux et toutes celles qui ont répondu présents à la réunion, le Maire exposa l’objet de la réunion: il s’agit d’informer les participants  sur les 2 missions que lui a assignées le Gouverneur Moussa TOIYBOU, à savoir -1-s’occuper de l’éducation dans la ville, afin de donner aux autres régions le pas à suivre pour remonter la pente-2-veiller à la propreté de la ville, pour lui redonner un autre visage.

 

La procédure suivie pour que chacun des participants puisse exprimer sa vision des choses et sa pensée a consisté à laisser à chaque participant la parole, et un tour de table a donc suivi, après l’intervention du Maire;

 

Le présent procès verbal est donc un plaidoyer adressé au nouveau Maire pur lui permettre de connaitre les problèmes de la ville et ainsi lui faciliter la nouvelle tache qui lui incombe.

 

1-Mr le Maire, deux missions vous sont assignées :

 

La première concerne l’éducation de l’enfant de la ville de Ouani ; sur ce point, un comité de réflexion est à pied d’œuvre et a tenu plusieurs réunions de travail ; des recommandations ont été prises ; nous vous demandons de vous conformer à ces décisions  et de designer, parmi votre personnel, une personne chargée  de suivre de prés ce dossier ; vous serez ainsi informé à tout  moment de son évolution.

 

La deuxième  concerne la propreté de la ville ; sur ce point, beaucoup de propositions ont été faites, nous les résumons une à une pour que vous puissiez les mettre en chantier.

 

a-       il existe déjà une réflexion qui a été menée au temps de Jaffar, Ministre de l’intérieur de Mohamed Bacar, il s’agit du plan de développement de Ouani : toutes les solutions à nos problèmes ont été abordées, si vous voulez vous en inspirer ; demandez le rapport à Abderemene Soulaimane, du Ministre de l’agriculture.

b-       Quant au personnel, voulez vous travailler avec le conseil municipal existant ? si oui, les textes existent et ils peuvent être appliqués à la lettre.

c-       En ce qui concerne le personnel du bureau, garde-le  tel que, il sera d’un grand secours pour votre nouvelle mission, en raison de leur expérience ; toutefois, vous pouvez le redéployer en leur confiant des tâche bien précise, notamment, la sensibilisation de la population de la ville, ville qui doit, sur proposition d’un des participants, être divisée en quartiers, combien exactement? Tout dépend des objectifs que vous voulez atteindre dans le cadre de la sensibilisation.

d-       Sur ce point précis de la sensibilisation, sachez que les habitants de Ouani sont têtus, et ont un comportement bizarre, à  certains moments, et vous devez, dans vos réflexion, tenir compte de ce facteur ; c’est pour vous dire qu’il y aura des obstacles, des réticences, quant il s’agira de bien faire, nous disons de bien faire, cette population est ainsi faite, c’est sa mentalité et c’est sur ce point précis que vous devez faire preuve de pédagogie et de finesse.

e-       Sur les ordures, il s’agit de mettre fin à un comportement désagréable de la population de Ouani ; qui laisse son environnement se dégrader, et c’ est la raison pour laquelle , ce mot doit être pris dans son sens le plus large ; à titre des exemples, il s’agit des eaux  stagnantes, des eaux sales de lavage déversées dans les rues, des bouses de chèvres, des vaches et des moutons éparpillées, partout, dans la ville, sans oublier, les moutons ; les cabris et les chèvres laissés en vagabondage dans la ville et les carcasses des voitures, dans tous ses coins.

Une journée « ville propre » est proposée par tous les participants pour marquer les esprits.

f-        Pour remédier à tous ces maux, vous devez absolument recruter des éboueurs chargés de veiller à la propreté dans tous les coins de la ville, personnel qui doit être redéployé dans ces quartiers et payé , si vous voulez que votre mission réussisse, d’où l’obligation et la nécessité d’avoir un budget et une force ;

g-       Sur le budget, beaucoup de postes sont proposées pour avoir un budget conséquent, afin de pallier à toutes les dépenses qui vont naitre de ce vaste chantier  que vous voulez mettre en route. Une commission, désignée en fin de réunion, est mobilisée pour trouver les pistes adéquates pour la construction de ce budget.

h-       Quant à la force, des propositions ont été faites ; l’on peut montre une police municipale, à l’instar des autres mairies ou demander au Gouverneur de mettre à la disposition du Maire , la force de la Gendarmerie, toutes les fois que le Maire en aurait besoin, notamment dans la sécurisation des biens des cultivateurs et par traque des valeurs.

i-         Sur la sécurisation des biens des cultivateurs, un comité existe et travaille d’arrache pied pour limiter les vols et dégâts qui sont occasionnés dans les champs ; aux dires du responsable du comité, SAID NOURDINE, qui a participé à la réunion, c’est une très bonne chose qu’un maire soit installé dans la ville de Ouani ; il demande qu’il s’implique fortement dans ce vaste chantier pour donner courage aux cultivateurs. Une réunion de suivi doit être programmée0

j-         propos de l’approvisionnement de l’eau dans les foyers, un comité existe et le Maire doit chercher à s’enquérir des difficultés que connait ce comité de gestion pour trouver les solutions appropriées pour approvisionner la ville en eau potable suffisante.

k-       Une émission  télé doit être programmée pour informer la population des nouvelles dispositions prises, par les nouvelles autorités de la municipalité, en matière de gestion des ordures ménagères et de la propreté de la ville. Sachez que le projet  PCD s’st penché sur cette question, mais……..

l-         Quant à l’extraction du sable marin, une solution urgente doit être trouvée, car, sovez en sûr, à la prochaine saison de pluie, la mer va ravager tout le littoral de Ountsoha, voire des autres localités ; une proposition consisterait de consulter le gouvernement pour homologuer les prix du sable concassé et ainsi obliger les gens qui construisent à l’acheter, au lieu de chercher en vain à se procurer du sable marin. En attendant cette vous devez vite charger un de vos personnels pour s’occuper personnellement de cette question ; sinon il sera trop tard…

m-     En divers, il a été soulevé la question du déversement par la Société Coca de patsy de matière contenant de la soude sur la nappe phréatique qui alimente les sources d’ eau de Ouani , barakani et Nyatranga ; cette question est d’ une grande importance et doit, connaitre un suivi, puisque il a été entendu avec la Société coca que celle-ci allait déverser ces genres de matières dans d’ autres lieux , pour éviter la pollution de la nappe , en sodium. Un autre point en divers concerne la gestion du Stade, question cruciale, puisque une personne vient de construire dans les limites du stade ; cette question doit être réglée dans les délais les meilleurs pour éviter d’éventuels affrontements entre la jeunesse et la personne suscitée, sous le haut patronage du nouveau Maire.

n-       En divers personnel, il va falloir penser à abattre la Flamboyant « Msiro » de la place de Msirojou, car il constitue un danger public. Que Dieu nous protège, car s’il y a un cyclone cette saison 2009, sachez que toutes les maisons aux alentours vont tomber, et vous serez tenu pour responsable, pour n’avoir pas anticipé la résolution du danger.

   

Rédigé par Ali Ahmed, inspecteur Education.

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 22:35
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Un membre de MSF à la rencontre des habitants du bidonville de Kaweni.
Hugo Lattard/Le Monde.fr
Un membre de MSF à la rencontre des habitants du bidonville de Kaweni.

La vingtaine d'hommes qui s'abritaient du soleil sous le manguier de Manga Tele, dans le bidonville de Kaweni, s'est éparpillée vers les hauteurs. Sans papiers, ils s'efforcent d'échapper aux agents de la police aux frontières, qui viennent d'investir le bas de cette commune proche de Mamoudzou, à Mayotte, pour procéder à des contrôles d'identité. Parmi les personnes qu'ils arrêteront ce matin-là figure un père de famille. Il était en train de conduire son fils au centre de soins ouvert par Médecins sans frontières dans le quartier. Le garçon, le pied boursouflé par une gale surinfectée, a été laissé libre. Il s'est réfugié avec sa mère, également sans papiers, au dispensaire de l'ONG.

A Mayotte, ce territoire de l'océan Indien qui deviendra un département d'outre-mer en 2011, la question des étrangers en situation irrégulière prend des proportions inédites. "Leur nombre est évalué au tiers de la population", observe Hubert Derache, préfet de l'île. Soit quelque 60 000 personnes, sur les 186 000 habitants comptabilisés lors du dernier recensement. Il s'agit presque exclusivement de ressortissants des Comores, dont l'île la plus proche, Anjouan, est distante de seulement 70 kilomètres. "Le PIB de Mayotte est douze fois supérieur à celui d'Anjouan. A partir du moment où on a ce décrochage, on a une pression migratoire qui se fait naturellement", explique le préfet. Les militants de la Cimade présents sur l'île soulignent pour leur part qu'"on ne peut pas parler d'étrangers ici de la même manière qu'en métropole". "Bien souvent, ce sont des gens de la même famille que les Mahorais. Certains sont là depuis vingt ans", rappelle Flore Adrien, membre de la Cimade.

 

Le quartier de Manga Tele, à Kaweni, commune limitrophe de Mamoudzou.

Médecins sans frontières s'est implanté à Mayotte au mois de mai. A l'exception d'une structure dédiée aux demandeurs d'asile, à Paris, c'est la seule mission de l'ONG ouverte sur un territoire français. "Avec l'accentuation de la politique de reconduite à la frontière sur l'île, nous avons supposé une baisse de l'accès aux soins des personnes en situation irrégulière. Par peur du déplacement, parce qu'ils ont probablement le risque de se faire arrêter sur le chemin de l'hôpital", explique Isabelle Alix, coordinatrice médicale. Pour le docteur Marie-Pierre Auger, membre de Médecins du monde, établi à Mayotte depuis plus de deux ans, le doute n'est plus de mise. "La politique vraiment musclée que l'on a ici en matière de reconduites est un obstacle. Les gens restent terrés chez eux", affirme-t-elle. Aux urgences de l'hôpital de Mamoudzou, ce constat est partagé. "Le soir on a beaucoup plus de consultations de gens qui ne peuvent pas se déplacer la journée. Ils attendent 19 heures parce que la police aux frontières ne travaille pas la nuit", indique un médecin.

A Mayotte, la machine des reconduites à la frontière tourne en effet à plein régime. A la fin septembre, 12 000 mesures d'éloignement ont déjà été exécutées. "On va vraisemblablement atteindre les 17 000 cette année", avance Hubert Derache, le préfet. Un chiffre à comparer avec les 27 000 reconduites annuelles visées pour toute la France métropolitaine.

Pour échapper aux arrestations, nombre de sans-papiers se sont réfugiés dans la forêt, sur les hauteurs de Mamoudzou.

L'hôpital de Mamoudzou et la quinzaine de dispensaires disséminés sur l'île accueillent tout de même nombre de sans-papiers. Ces derniers représentent "50 % de l'activité et 72 % des accouchements pratiqués", calcule Marie-Lilian Malaviolle, directrice adjointe du Centre hospitalier de Mayotte. Pour eux a été imaginé un système spécifique, lors de la création d'une caisse de sécurité sociale sur l'île, il y a cinq ans. Car Mayotte ne comprend pas l'aide médicale d'Etat (AME). Faute d'être affiliées à la sécurité sociale, les personnes en situation irrégulière doivent débourser 10 euros pour une consultation en dispensaire, 30 euros pour une prise en charge aux urgences et en théorie, 300 euros pour un accouchement. Si les soins sont jugés urgents par le médecin, leur délivrance demeure gratuite. Au total, l'an dernier, "ces provisions n'ont rapporté que 100 000 euros à l'hôpital", indique-t-on à la caisse de Sécurité sociale. Autrement dit, peu de monde s'acquitte de ces provisions.

Le coût de ces forfaits peut cependant être rédhibitoire pour une population dans la clandestinité, dont le niveau de vie est très faible. Ajouté à la peur de se déplacer, il complique gravement l'état de santé de certains malades. "Quand je vais à l'hôpital, je dois faire attention à ne pas être poursuivi", se désole Antoisse Ousseni, qui peine à se lever de sa chaise. Né aux Comores, ce père de douze enfants a servi dans l'armée française pendant quatre ans. Il a été blessé lors d'un exercice et touche depuis une pension d'invalidité. Antoisse Ousseni dit être arrivé à Mayotte en 1987, bien avant l'instauration du visa Balladur, huit ans plus tard. Deux de ses fils y sont nés et ont un passeport français. Lui a fait une demande de nationalité française. Mais la préfecture lui reproche de ne pouvoir justifier d'une entrée légale sur le territoire.

A Mayotte, le niveau de vie des populations en situation irrégulière est très faible.
Le revenu mensuel moyen des personnes reçues par Médecins du monde ne dépasse pas 130 euros.

Le vieil homme souffre d'hypertension. Expulsé vers les Comores, l'an dernier, il s'est retrouvé en rupture de traitement. Il est revenu via un "kwassa", ces embarcations de fortune qui traversent le bras de mer entre Anjouan et Mayotte, au péril de la vie des passagers. Victime d'un accident vasculaire cérébral la semaine dernière, il a été transporté à l'hôpital. "Des gens qui arrivent en rupture de traitement, épileptiques, hypertendus, diabétiques, j'en vois tous les jours", affirme une médecin des urgences de Mamoudzou. "J'ai même fait un certificat de décès pour quelqu'un qui n'avait pas ses dix euros et qui est mort d'une crise d'épilepsie généralisée. Il n'avait pas été consulter. Sur son carnet j'ai vu que c'était un étranger en situation irrégulière", ajoute-t-elle.

"Manifestement il y a des problèmes de retard d'accès aux soins", estime Marie-Pierre Auger, de Médecins du monde : "On a beaucoup de fièvres ici, mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'on a énormément de formes graves de fièvres typhoïdes. Cela démontre clairement que les gens attendent le dernier moment pour consulter et se faire soigner." Et qui pour venir délivrer des soins si la personne ne peut elle-même se déplacer ? C'est le principal souci de Kamal Ahamada. Prisonnier de son fauteuil roulant, il ne peut quitter le "banga", la cabane de planches et de tôles ondulées où il habite. Originaire d'Anjouan, boulanger à Mayotte pendant dix ans, un accident l'a laissé paraplégique. Jusqu'à présent, son affiliation à la Sécurité sociale lui permettait la visite d'infirmiers à domicile. Mais elle vient d'expirer, en même temps que son titre de séjour.

Hugo Lattard
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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 00:24

Est-il possible qu'on les ait oubliés ? Est-il normal que le crash de l'avion de la Yemenia Airways du 30 juin, qui a endeuillé toute la communauté comorienne de France, ne fasse pas davantage l'objet de curiosité, voire d'indignation dans la société française ? Et si cela arrangeait tout le monde - diplomates, marchands de voyages et d'avions - que l'accident de l'A310, dans lequel ont péri 141 passagers dont 139 d'origine comorienne, figure à jamais parmi les faits divers non éclaircis ? Le juge des référés au tribunal de Paris a accepté, mercredi 7 octobre, qu'une médiation judiciaire soit mise en place concernant les avances sur les dommages et intérêts réclamées par les familles endeuillées, celles-là mêmes qui veulent tant éviter que le silence ensevelisse la tragédie.

Car leurs questions foisonnent, leurs accusations fusent. Proférées parfois avec colère, parfois les larmes aux yeux. Sans grand argumentaire. Dans un immense désarroi. Ecrire que la plaie des Comoriens de France est à vif est un euphémisme. Dans les quartiers de Marseille, où avaient embarqué 61 passagers de l'Airbus, où vivent encore 80 000 d'entre eux, elle est béante. Avec, partout, cette impression d'abandon, de "lâchage" par le reste de la société française, nourrie à la fois par les deuils multiples au sein d'une même famille, l'accumulation de difficultés matérielles, l'obligation de se confronter aux administrations et l'absence de vraies réponses sur les causes de l'accident.

"Tout se passe comme si la communauté comorienne, réputée si discrète, devait avaler en silence le drame du 30 juin et ne pas déranger... alors qu'elle est paumée !, dit Marie M'ze, 39 ans, qui a perdu sa mère et son jeune frère dans la catastrophe. Si vous saviez sa détresse !" Ces femmes, dont certaines ne parlent pas français, qui se retrouvent murées dans leur HLM, ayant perdu leur compagnon qui avait un travail, remplissait les chèques, les papiers et faisait l'interface avec la société. Ces hommes qui ont perdu une épouse avec un ou plusieurs enfants et sont désormais seuls, face à des petits - parfois ceux de leur compagne disparue - et totalement paniqués. Engagée dans une association de défense des familles de victimes, Marie découvre "des maisons où les enfants ont faim, des foyers surendettés où personne n'a la moindre idée des démarches à entreprendre, des familles qui n'ont pas encore reçu l'acte de décès du père auquel vient d'être adressée une lettre de licenciement pour ne pas s'être présenté à son travail en juillet ; parfois l'apparition d'un deuxième voire d'un troisième foyer pour un homme disparu dans l'Airbus..."

La complexité des identités et structures familiales n'a guère facilité le travail des administrations dans l'établissement des actes de décès. Quel labeur pour établir les identités précises des disparus, notamment parce que plusieurs d'entre eux ne voyageaient pas sous leur vrai nom. Et quel embarras pour démêler les liens de famille, l'état civil comorien étant des plus sommaires, les couples parfois unis religieusement ou par un rite coutumier n'étant pas forcément mariés officiellement, les reconnaissances d'enfants ne suivant pas toujours la filiation classique, quelques hommes ayant plusieurs foyers répartis entre les deux pays.

"Ce n'est pas la France d'en bas, c'est la France du sous-sol, avec toute l'obscurité que cela peut engendrer", remarque tristement Ahmed Mohamed, président d'une association des familles, qui tente, de HLM en HLM, d'apaiser, expliquer, unifier une communauté traditionnellement éclatée en de multiples associations. Ici, l'époux, chargé de cadeaux et des économies de toute la famille, partait assister au "grand mariage" d'un proche, cette cérémonie traditionnelle qui propulse un homme parmi les "notabilités". Prostrée, dépressive, sa veuve suit le deuil dans un habit traditionnel, un enregistrement du Coran diffusé à fort volume dans un appartement où chuchotent quatre gamins. Il arrive qu'elle appelle Ahmed, le soir, quand il lui manque un peu de lait. Là, deux petits garçons veulent téléphoner à leur père au ciel tandis que le troisième affirme : "Papa savait nager. Il est sur une île, ou enlevé par les pirates, il faut aller le chercher."

Abandon par la communauté nationale ? "Sentiment d'abandon", corrige Ahmed Mohamed, qui reconnaît l'existence, dans la région de Marseille, de nombreuses initiatives pour aider les familles des passagers. La mairie par la mise à disposition de locaux et de logistique, le conseil général par la mobilisation, lors de trois jours exceptionnels, de tous ses travailleurs sociaux, la région par le vote d'une aide d'urgence de 67 000 euros pour les familles.

Et puis surtout l'association Aide aux victimes d'actes de délinquance (AVAD), membre du réseau national d'aide aux victimes (Inavem), et son service d'urgence, constamment en soutien des familles. Recensement des proches, visites à domicile, liens avec les caisses d'allocations familiales, la Sécurité sociale, le RMI, les employeurs ; aides en matière de logement, d'école, de centre aéré. "Ils ont empêché beaucoup d'entre nous de sombrer", reconnaît une vieille dame.

Ce n'est donc pas tant sur le manque d'aides matérielles que repose la suspicion d'oubli que sur le mystère autour de l'accident. Sur le silence des boîtes noires arrivées endommagées en France le 31 août, et sur lesquelles un travail délicat a dû être fait pour en récupérer les données et les rendre exploitables. Sur l'absence réelle d'explication du crash auquel n'a survécu qu'une adolescente, sauvée par un pêcheur, mais qui a dit avoir entendu des cris lors de sa nuit passée dans l'eau, accrochée à un débris de l'avion...

"Bien sûr, le Bon Dieu est souverain. C'était probablement leur jour ! Mais disparaître ainsi dans la nuit, dans la mer, sans que l'on comprenne comment, pourquoi, à cause de qui, de quoi, c'est juste inacceptable. On a le droit de savoir. Et s'il y a des coupables, ils doivent être punis." Elle se tient droite, elle est émue, Djamila Ali, 31 ans, qui, depuis des semaines, se débat dans le chagrin, les difficultés financières et les questions. Sa soeur aînée et son neveu étaient dans l'avion pour Moroni. Et ce ne sont pas les paroles du président de l'Union des Comores, M. Sambi, affirmant aux familles des victimes, deux jours après le drame, que "leurs disparus sont morts en martyrs, cela devrait emplir leur coeur de joie", qui lui apportent un soulagement. Au contraire.

Annick Cojean, Le monde.fr
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